EHPAD et maisons de retraite

Tarifs EHPAD : ce que vous payez réellement

Le coût d’un séjour est la première inquiétude des familles, et les tarifs EHPAD restent l’information la plus difficile à obtenir clairement. Un même établissement peut afficher un « prix » qui ne recouvre pas les mêmes prestations que son voisin, et la facture réellement payée dépend autant du département que du niveau de dépendance du résident.

Ce guide explique de quoi se compose un tarif d’EHPAD, ce que paie réellement le résident, pourquoi les écarts sont aussi importants d’un territoire à l’autre, et comment estimer un budget avant même de visiter un établissement. Les montants cités sont calculés sur les tarifs publiés par les établissements eux-mêmes, que nous collectons et mettons à jour en continu.

Les trois composantes d’un tarif d’EHPAD

Un tarif d’EHPAD n’est jamais un prix unique. Il est découpé en trois parts distinctes, qui n’ont ni la même logique ni le même payeur.

Composante Ce qu’elle couvre Qui la paie
Hébergement La chambre, les repas, l’entretien, l’animation, l’administration Le résident et sa famille, avec l’aide éventuelle de l’APL/ALS ou de l’aide sociale à l’hébergement
Dépendance L’aide quotidienne liée à la perte d’autonomie (lever, toilette, repas, déplacements) Le résident paie le « ticket modérateur » (tarif GIR 5-6) ; l’APA prend en charge le reste, selon ses ressources
Soins Les soins médicaux et paramédicaux dispensés dans l’établissement L’Assurance maladie — cette part n’est jamais facturée au résident

Retenez le mécanisme essentiel : quel que soit son niveau de dépendance, un résident paie l’hébergement plus le ticket modérateur. C’est l’APA qui absorbe la différence entre le tarif correspondant à son GIR et ce ticket modérateur. Un résident très dépendant ne paie donc pas mécaniquement plus qu’un résident autonome au titre de la dépendance.

Tarifs EHPAD : combien coûte réellement un séjour ?

Sur les 6 966 EHPAD dont nous disposons d’un tarif d’hébergement exploitable, le tarif médian d’une chambre simple en hébergement permanent s’établit à 72,62 € par jour, soit environ 2 209 € par mois. « Médian » signifie qu’un établissement sur deux facture moins, un sur deux facture plus : c’est un repère plus fiable qu’une moyenne, que quelques établissements très chers suffiraient à déformer.

Côté dépendance, les tarifs médians constatés sont les suivants :

  • GIR 1-2 (dépendance la plus lourde) : 22,05 € par jour, soit environ 671 € par mois
  • GIR 3-4 (dépendance intermédiaire) : 14,00 € par jour, soit environ 426 € par mois
  • GIR 5-6 (autonomie relative) : 6,10 € par jour, soit environ 186 € par mois

Ce dernier montant, le tarif GIR 5-6, est celui que tous les résidents acquittent : c’est le ticket modérateur évoqué plus haut.

Méthodologie. Ces montants sont calculés sur les tarifs publiés par les établissements et collectés dans notre base : 6 966 établissements pour l’hébergement, 7 330 pour les tarifs dépendance. Les conversions mensuelles utilisent 30,42 jours (365 ÷ 12). 85 % de ces tarifs ont été mis à jour depuis janvier 2025 ; une minorité d’établissements n’a pas actualisé ses données depuis plus longtemps. Chaque fiche d’établissement de notre annuaire affiche la date de mise à jour de ses propres tarifs.

Pourquoi les écarts sont-ils aussi importants ?

Trois facteurs expliquent l’essentiel des différences de prix.

La localisation, de loin le premier facteur

C’est le critère qui pèse le plus lourd, et l’écart est considérable. Dans nos données, le tarif d’hébergement moyen va de 140,74 € par jour à Paris (environ 4 281 € par mois) à 62,58 € par jour en Aveyron (environ 1 904 € par mois). Autrement dit, un même type de séjour peut coûter plus du double selon le département — près de 28 000 € de différence sur une année. Les départements les plus chers sont sans surprise ceux d’Île-de-France et de la Côte d’Azur, où le foncier pèse sur le prix de journée.

Le statut de l’établissement

Les EHPAD publics et associatifs sont majoritairement habilités à l’aide sociale : leurs tarifs d’hébergement sont alors fixés par le conseil départemental, ce qui les contient. Les établissements privés commerciaux non habilités fixent librement leur tarif d’entrée, avec un encadrement annuel des hausses. Dans nos données, 82 % des EHPAD (6 046 sur 7 384) sont habilités à l’aide sociale, au moins partiellement. Le détail par statut figure dans notre guide EHPAD public, associatif ou privé.

Les prestations et le bâti

Chambre individuelle ou double, superficie, salle de bains privative, unité protégée, qualité de la restauration, présence d’un pôle d’activités adaptées : ces éléments se répercutent directement sur le tarif hébergement. Un établissement récent ou rénové facture presque toujours davantage qu’une structure plus ancienne à prestations comparables.

Deux exemples chiffrés

Ces scénarios illustrent le mécanisme ; ils ne remplacent pas un devis établi par l’établissement.

Exemple 1 — Un résident en GIR 2, dans un établissement au tarif médian

  • Hébergement : 2 209 € par mois
  • Dépendance : le résident paie le ticket modérateur, soit 186 € par mois
  • Soins : 0 € (pris en charge par l’Assurance maladie)
  • Total avant aides : environ 2 395 € par mois

La part dépendance restante (671 € − 186 € = 485 €) est couverte par l’APA, totalement ou partiellement selon les ressources du résident. À ce montant peuvent ensuite s’ajouter des aides au logement, qui réduisent la part hébergement.

Exemple 2 — Le même profil, à Paris puis en Aveyron

  • À Paris : environ 4 281 € d’hébergement + 186 € de ticket modérateur, soit près de 4 467 € par mois
  • En Aveyron : environ 1 904 € + 186 €, soit près de 2 090 € par mois

Le même besoin, le même niveau de dépendance, et un écart de plus de 2 300 € par mois. C’est la raison pour laquelle l’élargissement de la zone de recherche est souvent le levier budgétaire le plus efficace — à mettre en balance, évidemment, avec l’éloignement des proches.

Comment estimer votre budget en quatre étapes

  1. Partez du tarif hébergement affiché par l’établissement, pour le type de chambre visé. C’est la base de votre budget, et la seule part réellement négociable par le choix de l’établissement.
  2. Ajoutez le ticket modérateur (tarif GIR 5-6 de l’établissement), dû quel que soit le niveau de dépendance.
  3. Retranchez les aides auxquelles le résident peut prétendre : APA pour la part dépendance, APL ou ALS pour la part hébergement si le logement est conventionné, aide sociale à l’hébergement si les ressources sont insuffisantes.
  4. Vérifiez les frais annexes : blanchissage du linge personnel, coiffure, téléphone, sorties, produits d’hygiène. Ces suppléments ne figurent pas dans le tarif de journée et représentent souvent plusieurs dizaines d’euros par mois.

Demandez systématiquement le règlement de fonctionnement et le contrat de séjour : ils précisent ce qui est inclus dans le tarif et ce qui ne l’est pas.

Les aides qui réduisent la facture

Trois dispositifs principaux allègent le coût d’un séjour en EHPAD. Notre guide des aides financières en détaille les conditions et les démarches.

  • L’APA en établissement couvre la part dépendance au-delà du ticket modérateur. Elle est attribuée par le conseil départemental et modulée selon les ressources.
  • L’APL ou l’ALS réduisent la part hébergement lorsque l’établissement est conventionné. La demande se fait auprès de la CAF ou de la MSA.
  • L’aide sociale à l’hébergement (ASH) intervient lorsque les ressources du résident et l’obligation alimentaire des proches ne suffisent pas à couvrir le tarif. Elle suppose que l’établissement soit habilité — c’est le cas de 82 % d’entre eux dans nos données. Point à connaître avant de déposer un dossier : les sommes versées peuvent faire l’objet d’une récupération sur la succession du bénéficiaire. Les règles varient selon les départements ; renseignez-vous auprès du conseil départemental concerné.

Un crédit d’impôt existe par ailleurs pour les dépenses de dépendance et d’hébergement, sous conditions.

Les termes à connaître

Terme Définition
Tarif hébergement Part du prix couvrant le gîte, le couvert et les services hôteliers. C’est la part payée par le résident.
Ticket modérateur Tarif dépendance GIR 5-6, dû par tous les résidents quel que soit leur niveau de dépendance.
GIR Groupe iso-ressources, de 1 (dépendance la plus lourde) à 6 (autonomie). Il détermine la part dépendance et l’éligibilité à l’APA.
APA Allocation personnalisée d’autonomie, versée par le département pour la part dépendance.
ASH Aide sociale à l’hébergement, accordée par le département aux résidents dont les ressources sont insuffisantes, dans les établissements habilités.
Établissement habilité EHPAD autorisé à accueillir des bénéficiaires de l’aide sociale, dont les tarifs hébergement sont fixés par le département.

Questions fréquentes

Quel est le prix moyen d’un EHPAD en France ?

Le tarif médian d’hébergement en chambre simple est de 72,62 € par jour, soit environ 2 209 € par mois, auxquels s’ajoute le ticket modérateur de 186 € par mois en médiane. La facture réelle dépend ensuite du département, du statut de l’établissement et des aides perçues.

Qu’est-ce que le reste à charge ?

C’est la somme qui demeure à payer par le résident et sa famille une fois déduites toutes les aides. Elle correspond, en pratique, au tarif hébergement diminué des aides au logement, plus le ticket modérateur diminué de l’APA.

Les soins médicaux sont-ils facturés en supplément ?

Non. La part soins est financée par l’Assurance maladie et versée directement à l’établissement : elle n’apparaît jamais sur la facture du résident.

Pourquoi deux EHPAD voisins affichent-ils des prix très différents ?

Le plus souvent parce que l’un est habilité à l’aide sociale — ses tarifs sont alors fixés par le département — et l’autre non. S’y ajoutent l’ancienneté du bâtiment, la taille des chambres et le niveau des prestations.

Peut-on négocier le tarif d’un EHPAD ?

Le tarif d’un établissement habilité n’est pas négociable puisqu’il est arrêté par le conseil départemental. Dans le secteur privé non habilité, la marge de discussion reste faible, mais le choix du type de chambre — double plutôt qu’individuelle — fait une différence réelle.

Que se passe-t-il si les ressources ne suffisent pas ?

L’aide sociale à l’hébergement peut être sollicitée auprès du conseil départemental, à condition que l’établissement soit habilité. Les proches soumis à l’obligation alimentaire peuvent être appelés à contribuer, et les sommes versées sont susceptibles d’être récupérées sur la succession.

Les tarifs EHPAD augmentent-ils chaque année ?

Oui. Les tarifs des établissements habilités sont revus annuellement par le département ; ceux du secteur privé non habilité évoluent dans la limite d’un pourcentage fixé chaque année par arrêté.

Comment connaître le tarif exact d’un établissement précis ?

Chaque fiche de notre annuaire affiche le tarif publié par l’établissement ainsi que sa date de mise à jour. Consultez la liste des EHPAD ou notre guide pour trouver un EHPAD près de chez soi.