Pollution de l’air, pics d’ozone, particules fines, fumées d’incendies, trafic routier… La qualité de l’air est devenue une préoccupation majeure de santé publique. Si tout le monde est concerné, certaines personnes sont beaucoup plus vulnérables, notamment les enfants et les personnes souffrant d’asthme. Comment limiter les risques ? Quels gestes adopter au quotidien ? Et les masques sont-ils vraiment efficaces ? Voici les réponses des autorités sanitaires.

 

Pollution de l’air : un enjeu majeur de santé publique

La pollution atmosphérique est responsable de plusieurs dizaines de milliers de décès prématurés chaque année en France. Les principaux polluants sont :

  • les particules fines (PM10 et surtout PM2,5) ;
  • le dioxyde d’azote (NO₂), principalement lié au trafic routier ;
  • l’ozone, particulièrement élevé lors des fortes chaleurs ;
  • certains composés organiques volatils ;
  • les fumées issues des incendies de forêt.

Ces polluants pénètrent dans les voies respiratoires, irritent les bronches et favorisent ou aggravent de nombreuses maladies respiratoires et cardiovasculaires.

Les épisodes de pollution sont aujourd’hui plus fréquents, notamment en période estivale, où les fortes chaleurs favorisent la formation d’ozone et où les incendies peuvent dégrader la qualité de l’air sur plusieurs centaines de kilomètres.

 

Pourquoi les enfants sont-ils particulièrement fragiles face à la pollution ?

Les enfants respirent plus rapidement que les adultes. À poids égal, ils inhalent donc davantage d’air… et davantage de polluants.

Leur système respiratoire est également en plein développement. Les bronches et les alvéoles pulmonaires continuent de se former durant plusieurs années après la naissance.

La pollution peut ainsi :

  • favoriser les infections respiratoires ;
  • augmenter le risque d’asthme ;
  • déclencher des crises chez les enfants déjà asthmatiques ;
  • diminuer temporairement les capacités respiratoires ;
  • irriter les yeux, le nez et la gorge.

Plusieurs études montrent également qu’une exposition répétée durant l’enfance peut avoir des conséquences sur la santé respiratoire à l’âge adulte.

 

Comment protéger les enfants lors d’un épisode de pollution ?

Il n’est pas nécessaire de les enfermer à la maison, mais quelques précautions permettent de limiter leur exposition.

Évitez les activités physiques intenses aux heures les plus polluées

Lorsque la qualité de l’air est mauvaise, mieux vaut reporter :

  • les entraînements sportifs intensifs ;
  • les longues courses à pied ;
  • les activités physiques proches des grands axes routiers.

En revanche, les activités calmes restent possibles.

Choisissez les bons horaires

Les concentrations de pollution sont souvent plus élevées :

  • aux heures de pointe ;
  • en fin de journée lors des pics d’ozone.

Privilégiez les promenades tôt le matin lorsque cela est possible.

Évitez les grands axes routiers

Même quelques dizaines de mètres peuvent faire une différence importante.

Pour aller à l’école ou au parc, préférez les rues secondaires ou les espaces verts.

Aérez malgré tout votre logement

Contrairement à une idée reçue, il ne faut pas arrêter totalement d’aérer.

L’idéal est d’ouvrir les fenêtres :

  • tôt le matin ;
  • lorsque la circulation est moins dense ;
  • pendant une dizaine de minutes.

Une bonne qualité de l’air intérieur reste essentielle.

Limitez les sources de pollution dans la maison

L’air intérieur est parfois plus pollué que l’air extérieur.

Quelques gestes simples permettent de l’améliorer :

  • ne jamais fumer à l’intérieur ;
  • limiter les bougies parfumées et encens ;
  • éviter les solvants ou produits ménagers très parfumés ;
  • entretenir correctement la ventilation.

 

Asthme et pollution : un cercle parfois difficile à rompre

Les personnes asthmatiques figurent parmi les plus sensibles aux épisodes de pollution.

Les particules fines et l’ozone irritent les bronches et peuvent provoquer :

  • une gêne respiratoire ;
  • une toux persistante ;
  • des sifflements ;
  • une augmentation des crises d’asthme.

La pollution n’est pas toujours responsable de l’apparition de l’asthme, mais elle peut en aggraver les symptômes.

Chez certains patients, quelques heures d’exposition suffisent à déclencher une crise.

Les bons réflexes lorsque l’on est asthmatique

En période de pollution importante, il est recommandé de :

  • poursuivre son traitement habituel sans interruption ;
  • toujours garder son inhalateur de secours avec soi ;
  • éviter les efforts physiques soutenus à l’extérieur ;
  • privilégier les déplacements en dehors des heures de pointe ;
  • consulter rapidement en cas d’aggravation inhabituelle des symptômes.

Les personnes souffrant d’asthme sévère doivent être particulièrement vigilantes lors des alertes pollution diffusées par les autorités.

 

Les fumées des incendies : un danger supplémentaire

Les incendies de forêt libèrent d’importantes quantités de particules très fines.

Ces fumées peuvent voyager sur plusieurs centaines de kilomètres et dégrader fortement la qualité de l’air, même loin des flammes.

Les symptômes sont proches de ceux observés lors des pics de pollution :

  • irritation des yeux ;
  • toux ;
  • difficultés respiratoires ;
  • aggravation de l’asthme ;
  • fatigue inhabituelle.

Les recommandations sont alors similaires :

  • rester autant que possible à l’intérieur lorsque les fumées sont denses ;
  • limiter les activités physiques ;
  • maintenir son traitement respiratoire ;
  • suivre les consignes des autorités locales.

 

Quels masques sont réellement efficaces contre la pollution ?

Beaucoup de personnes portent un masque lors des épisodes de pollution.

Tous ne protègent pourtant pas de la même manière.

Les masques chirurgicaux : une protection très limitée

Les masques chirurgicaux sont conçus pour limiter la diffusion des gouttelettes respiratoires.

Ils filtrent peu les particules fines présentes dans l’air.

Ils ne constituent donc pas une protection efficace contre la pollution atmosphérique.

Les masques FFP2 : les plus efficaces

Les masques FFP2 correctement ajustés offrent une bien meilleure filtration des particules fines.

Ils peuvent réduire significativement l’exposition lorsqu’ils sont :

  • bien positionnés ;
  • parfaitement ajustés au visage ;
  • changés lorsqu’ils deviennent humides ou usés.

Ils sont particulièrement utiles :

  • lors d’importants épisodes de pollution ;
  • en présence de fumées d’incendies ;
  • pour les personnes très fragiles lorsqu’elles doivent sortir.

En revanche, ils ne filtrent pas les gaz comme l’ozone ou certains composés chimiques.

Les masques en tissu

Les masques textiles présentent une efficacité très variable.

Ils ne constituent pas une protection fiable contre les particules fines.

Peut-on éviter totalement la pollution ?

Non.

En revanche, il est possible de réduire significativement son exposition grâce à quelques habitudes simples :

  • consulter les prévisions de qualité de l’air ;
  • éviter les activités sportives lors des pics et des fortes chaleurs ;
  • privilégier les espaces verts ;
  • limiter l’utilisation de la voiture lorsque cela est possible ;
  • aérer son logement aux moments les plus favorables ;
  • utiliser un masque FFP2 uniquement lorsque la situation le justifie.

Quand faut-il consulter ?

Une consultation médicale est recommandée si apparaissent :

  • un essoufflement inhabituel ;
  • une crise d’asthme plus sévère que d’habitude ;
  • une toux persistante plusieurs jours ;
  • des douleurs thoraciques ;
  • une gêne respiratoire importante chez un enfant.

Les nourrissons, les femmes enceintes, les personnes âgées et les patients atteints de maladies respiratoires chroniques doivent être particulièrement attentifs à ces signes.

 

Trouver un professionnel de santé près de chez vous

En cas d’asthme, de difficultés respiratoires ou de symptômes liés à la pollution de l’air, il est important de bénéficier d’un suivi médical adapté. Votre médecin traitant, un pneumologue ou un allergologue pourront évaluer votre situation et adapter votre prise en charge si nécessaire.

Si vous recherchez un établissement spécialisé près de chez vous, IndexSanté met à votre disposition un annuaire national permettant de trouver facilement des hôpitaux, cliniques et autres structures de soins partout en France.

 

Sources  

 

Chaque été, les épisodes de fortes chaleurs et de canicule semblent plus fréquents, plus intenses et plus longs. Si tout le monde ressent les effets d’une température élevée, certaines personnes sont beaucoup plus exposées aux complications : personnes âgées, nourrissons, femmes enceintes, personnes souffrant de maladies chroniques ou encore travailleurs exerçant en extérieur.

Lorsque le thermomètre grimpe, notre organisme doit fournir un effort supplémentaire pour maintenir une température corporelle stable. Cette adaptation peut rapidement devenir difficile, voire dangereuse, notamment lorsque l’humidité est importante ou lorsque les nuits restent chaudes.

Déshydratation, épuisement, malaise, aggravation de maladies cardiovasculaires ou respiratoires, coup de chaleur… les risques sont bien réels, mais ils peuvent être largement limités en adoptant quelques réflexes simples.

Voici tout ce qu’il faut savoir pour comprendre les effets de la chaleur sur le corps et protéger efficacement votre santé.

 

Pourquoi la chaleur est-elle dangereuse pour l’organisme ?

Le corps humain fonctionne comme un véritable thermostat. En temps normal, il maintient une température interne proche de 37 °C.

Lorsque la température extérieure augmente, plusieurs mécanismes se mettent en place :

  • les vaisseaux sanguins se dilatent afin d’évacuer la chaleur ;
  • la transpiration augmente ;
  • la respiration peut devenir plus rapide ;
  • le cœur travaille davantage pour irriguer la peau.

Ces réactions sont parfaitement normales. Le problème apparaît lorsque la chaleur devient trop importante ou se prolonge plusieurs jours.

L’organisme ne parvient alors plus à évacuer suffisamment de chaleur. La température corporelle augmente progressivement, entraînant une fatigue importante et parfois des complications graves.

La déshydratation accentue encore ce phénomène. En perdant de l’eau et des sels minéraux par la transpiration, le volume sanguin diminue. Le cœur doit fournir davantage d’efforts pour assurer une bonne circulation du sang.

C’est pourquoi les épisodes de fortes chaleurs entraînent chaque année une augmentation des consultations médicales et des hospitalisations.

 

Quels sont les principaux risques liés aux fortes chaleurs ?

Une exposition prolongée à la chaleur peut provoquer différents troubles de gravité variable.

Les plus fréquents sont :

  • fatigue inhabituelle ;
  • sensation de faiblesse ;
  • maux de tête ;
  • vertiges ;
  • crampes musculaires ;
  • déshydratation ;
  • baisse de tension ;
  • malaise.

Lorsque ces premiers signes ne sont pas pris au sérieux, ils peuvent évoluer vers des situations beaucoup plus préoccupantes.

Parmi les complications les plus graves figurent :

  • le coup de chaleur ;
  • les troubles cardiaques ;
  • l’aggravation d’une insuffisance respiratoire ;
  • les accidents rénaux liés à la déshydratation ;
  • les troubles neurologiques.

Les fortes chaleurs peuvent également déséquilibrer certaines maladies chroniques comme le diabète, l’hypertension artérielle ou l’insuffisance cardiaque.

 

La chaleur fatigue-t-elle le cœur ?

La réponse est clairement oui.

Même chez une personne en bonne santé, le cœur travaille davantage lorsqu’il fait très chaud.

Pour refroidir le corps, les vaisseaux sanguins situés sous la peau se dilatent. Cette vasodilatation entraîne une baisse de la pression artérielle. Afin de maintenir un débit sanguin suffisant, le cœur accélère son rythme.

Cette augmentation de la fréquence cardiaque reste généralement sans conséquence chez un adulte jeune en bonne santé.

En revanche, elle peut devenir problématique chez les personnes présentant :

  • une insuffisance cardiaque ;
  • une maladie coronarienne ;
  • une hypertension ;
  • des troubles du rythme cardiaque ;
  • un antécédent d’infarctus.

Chez ces patients, le cœur dispose parfois de moins de réserves pour faire face à cet effort supplémentaire.

 

Pourquoi le risque cardiovasculaire augmente-t-il ?

Plusieurs phénomènes s’associent.

La déshydratation

Le sang devient légèrement plus concentré.

Le cœur doit pomper davantage pour assurer la circulation.

 

La baisse de tension

La dilatation des vaisseaux peut entraîner :

  • des étourdissements ;
  • des malaises ;
  • des chutes, notamment chez les seniors.

 

Une fréquence cardiaque plus élevée

Le cœur bat plus vite pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours.

Chez certaines personnes fragiles, cela peut favoriser la survenue de troubles du rythme.

 

Une moins bonne oxygénation

Lorsque la chaleur est associée à une pollution importante ou à des fumées d’incendies, le cœur reçoit parfois moins d’oxygène, ce qui augmente encore sa charge de travail.

 

Quels symptômes doivent alerter ?

Pendant un épisode de chaleur, certains signes ne doivent jamais être banalisés.

Consultez rapidement ou appelez les secours en cas de :

  • douleur dans la poitrine ;
  • essoufflement inhabituel ;
  • palpitations importantes ;
  • malaise avec perte de connaissance ;
  • confusion ;
  • difficultés à parler ;
  • faiblesse brutale d’un bras ou d’une jambe.

Chez une personne cardiaque, il est préférable de consulter dès l’apparition de symptômes inhabituels plutôt que d’attendre leur aggravation.

 

Pourquoi supporte-t-on moins bien la chaleur en vieillissant ?

Les personnes âgées représentent le groupe le plus vulnérable lors des épisodes de canicule.

Chaque été, elles sont les plus nombreuses à être hospitalisées pour des complications liées à la chaleur.

Cette fragilité s’explique par plusieurs mécanismes physiologiques.

 

La sensation de soif diminue

Avec l’âge, le cerveau perçoit moins bien la sensation de soif.

Une personne âgée peut donc être déjà déshydratée sans ressentir le besoin de boire.

C’est pourquoi il est conseillé de boire régulièrement, même en l’absence de soif.

 

Le corps transpire moins efficacement

La transpiration constitue le principal système de refroidissement du corps.

Or, avec l’âge :

  • les glandes sudoripares sont moins actives ;
  • la peau régule moins bien la température ;
  • l’élimination de la chaleur devient moins efficace.

La température corporelle augmente donc plus rapidement.

 

Les maladies chroniques sont plus fréquentes

Les seniors cumulent souvent plusieurs pathologies :

  • diabète ;
  • insuffisance cardiaque ;
  • hypertension ;
  • insuffisance rénale ;
  • maladies respiratoires chroniques.

Toutes ces maladies réduisent les capacités d’adaptation de l’organisme face aux fortes chaleurs.

 

Les traitements médicamenteux jouent également un rôle

De nombreux médicaments prescrits après 65 ans peuvent favoriser :

  • la déshydratation ;
  • la baisse de tension ;
  • les troubles de la transpiration ;
  • les coups de chaleur.

C’est pourquoi il ne faut jamais modifier un traitement de sa propre initiative, mais demander conseil à son médecin ou à son pharmacien lors d’un épisode de canicule.

L’isolement augmente les risques

Les personnes âgées vivant seules sont particulièrement exposées.

Une déshydratation peut s’installer progressivement sans que personne ne remarque les premiers signes.

Pendant les périodes de fortes chaleurs, il est recommandé aux proches de prendre régulièrement des nouvelles des personnes âgées, notamment lorsqu’elles vivent seules.

Les médicaments qui augmentent le risque de coup de chaleur

Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les médicaments qui provoquent directement un coup de chaleur. En revanche, certains traitements peuvent empêcher l’organisme de se refroidir correctement, favoriser la déshydratation ou modifier la perception de la soif. Résultat : le risque de malaise ou de coup de chaleur augmente, en particulier chez les personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques.

Important : n’arrêtez jamais un traitement de votre propre initiative, même en période de canicule. Si vous avez un doute, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Les diurétiques

Les diurétiques sont fréquemment prescrits pour traiter :

  • l’hypertension artérielle ;
  • l’insuffisance cardiaque ;
  • certains œdèmes.

Ils augmentent la quantité d’urines produites par les reins.

En période de fortes chaleurs, cette perte d’eau peut favoriser une déshydratation rapide, surtout si les apports hydriques sont insuffisants.

Les signes d’alerte sont :

  • bouche sèche ;
  • fatigue importante ;
  • vertiges ;
  • baisse de tension ;
  • urines très foncées.

Les antihypertenseurs

Les médicaments destinés à faire baisser la tension artérielle peuvent accentuer l’effet de la chaleur.

Comme les fortes températures provoquent déjà une dilatation des vaisseaux sanguins, certaines personnes ressentent :

  • des étourdissements ;
  • des malaises au lever ;
  • une sensation de faiblesse.

Il est important de se lever progressivement et de signaler tout malaise à son médecin.

Les antidépresseurs

Certains antidépresseurs peuvent diminuer la transpiration.

Or la transpiration constitue le principal mécanisme de refroidissement du corps.

Lorsque celle-ci est insuffisante, la température corporelle augmente plus rapidement.

Les neuroleptiques

Les neuroleptiques, utilisés notamment dans certaines maladies psychiatriques ou neurologiques, peuvent perturber la régulation de la température corporelle.

Ils font partie des traitements nécessitant une vigilance particulière pendant les épisodes de canicule.

Les anxiolytiques et somnifères

Ces médicaments peuvent provoquer :

  • une somnolence importante ;
  • une diminution de la vigilance ;
  • une perception moins bonne de la soif.

Certaines personnes boivent moins simplement parce qu’elles ressentent moins le besoin de le faire.

Les antihistaminiques

Utilisés contre les allergies, certains antihistaminiques possèdent un effet anticholinergique qui diminue également la transpiration.

Le risque reste généralement modéré mais mérite d’être connu chez les personnes fragiles.

Les traitements de la maladie de Parkinson

Certaines molécules prescrites dans la maladie de Parkinson peuvent altérer la régulation thermique et favoriser les épisodes de déshydratation.

Ces patients doivent être particulièrement attentifs lors des fortes chaleurs.

Les médicaments contre le diabète

Chez certaines personnes diabétiques, la déshydratation peut modifier l’équilibre de la glycémie.

Les fortes chaleurs nécessitent donc une surveillance plus régulière de la glycémie, surtout en cas de perte d’appétit ou de diarrhée.

 

Comment reconnaître un coup de chaleur ?

Le coup de chaleur est une urgence médicale.

Contrairement à une simple insolation, le corps n’arrive plus à évacuer la chaleur. La température interne peut dépasser 40 °C, avec un risque d’atteinte du cerveau, du cœur ou des reins.

Une prise en charge rapide est indispensable.

Les premiers signes

Le coup de chaleur ne survient pas toujours brutalement.

Plusieurs symptômes doivent alerter :

  • fatigue intense ;
  • grande faiblesse ;
  • maux de tête importants ;
  • sensation de malaise ;
  • peau très chaude ;
  • nausées ;
  • vomissements.

Les signes de gravité

Lorsque la température corporelle continue d’augmenter, des symptômes plus inquiétants apparaissent :

  • confusion ;
  • propos incohérents ;
  • comportement inhabituel ;
  • perte d’équilibre ;
  • convulsions ;
  • perte de connaissance.

Dans ce cas, il faut appeler immédiatement le 15 (ou le 112) et commencer à refroidir la personne en attendant les secours.

 

Que faire en cas de coup de chaleur ?

En attendant les secours :

  • installer la personne dans un endroit frais ;
  • retirer les vêtements superflus ;
  • humidifier la peau avec de l’eau fraîche (sans utiliser de glace directement) ;
  • ventiler avec un éventail ou un ventilateur ;
  • proposer de petites quantités d’eau uniquement si la personne est consciente.

En revanche, il ne faut jamais :

  • forcer une personne inconsciente à boire ;
  • la laisser seule ;
  • attendre que les symptômes passent spontanément.

 

Les bons réflexes pour se protéger pendant les fortes chaleurs

La prévention reste la meilleure protection.

Boire régulièrement

N’attendez pas d’avoir soif.

Chez l’adulte, il est recommandé de boire de l’eau régulièrement tout au long de la journée, même si l’on ne ressent pas le besoin.

L’alcool est à éviter car il favorise la déshydratation.

Manger suffisamment

Lorsqu’il fait très chaud, l’appétit diminue souvent.

Pourtant, continuer à s’alimenter permet d’apporter à l’organisme les sels minéraux nécessaires à son bon fonctionnement.

Privilégiez :

  • les fruits riches en eau ;
  • les légumes ;
  • les salades composées ;
  • les soupes froides ;
  • les yaourts.

Fermer les volets pendant la journée

Cette mesure simple permet de limiter fortement l’élévation de la température à l’intérieur du logement.

Aérez uniquement tôt le matin ou tard le soir lorsque l’air est plus frais.

Se rafraîchir plusieurs fois par jour

Une douche tiède, un gant humide sur le visage ou les avant-bras ou encore un brumisateur permettent d’abaisser efficacement la température corporelle.

Éviter les efforts physiques

Les activités sportives ou les travaux de jardinage sont à limiter entre 11 h et 18 h, lorsque les températures sont les plus élevées.

Si un effort est indispensable, il doit être réalisé tôt le matin, avec une hydratation régulière.

Porter des vêtements adaptés

Privilégiez :

  • des vêtements amples ;
  • des tissus légers ;
  • des couleurs claires ;
  • un chapeau à larges bords ;
  • des lunettes de soleil.

 

Les populations les plus vulnérables

Certaines personnes doivent être particulièrement vigilantes :

  • les personnes âgées ;
  • les nourrissons ;
  • les jeunes enfants ;
  • les femmes enceintes ;
  • les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires ;
  • les personnes atteintes de maladies respiratoires chroniques ;
  • les patients diabétiques ;
  • les travailleurs en extérieur ;
  • les sportifs ;
  • les personnes sans domicile.

Ces publics doivent être surveillés de près lors des épisodes de fortes chaleurs.

Il s’agit d’être encore plus vigilant lorsque ces personnes habitent dans des lieux proches d’incendies et qu’elles peuvent être en contact avec les fumées de ces derniers.

 

 

FAQ : les questions les plus fréquentes sur les fortes chaleurs

La chaleur peut-elle provoquer un infarctus ?

La chaleur n’est pas directement responsable d’un infarctus, mais elle augmente le travail du cœur. Chez une personne souffrant déjà d’une maladie cardiovasculaire, la déshydratation, la baisse de tension ou l’effort physique peuvent favoriser la survenue d’un accident cardiaque. En cas de douleur thoracique, d’essoufflement ou de malaise, il est indispensable de consulter rapidement.

 

Faut-il boire même lorsqu’on n’a pas soif ?

Oui. La sensation de soif apparaît souvent lorsque la déshydratation a déjà commencé. C’est particulièrement vrai chez les personnes âgées, dont le mécanisme de la soif est moins efficace. Pendant un épisode de fortes chaleurs, il est conseillé de boire régulièrement de petites quantités d’eau tout au long de la journée.

 

Les boissons fraîches sont-elles meilleures que l’eau à température ambiante ?

Les deux permettent de s’hydrater. Une eau fraîche est souvent plus agréable à boire lorsqu’il fait très chaud, mais elle ne doit pas être glacée afin d’éviter un inconfort digestif. L’essentiel est de boire suffisamment.

 

Peut-on utiliser un ventilateur lorsqu’il fait très chaud ?

Oui, mais avec certaines limites.

Lorsque la température intérieure dépasse environ 35 °C, un ventilateur seul devient moins efficace, car il brasse simplement de l’air chaud. Il reste néanmoins utile s’il est associé à une peau humidifiée (brumisateur, gant humide, douche tiède), ce qui favorise l’évaporation et donc le refroidissement du corps.

 

La climatisation est-elle mauvaise pour la santé ?

Non, à condition d’être utilisée correctement.

Une climatisation bien entretenue permet de réduire efficacement les risques liés aux fortes chaleurs. En revanche, il est conseillé d’éviter un écart de température trop important entre l’intérieur et l’extérieur (environ 5 à 7 °C), afin de limiter les chocs thermiques.

 

Peut-on faire du sport pendant une canicule ?

Il est préférable de limiter toute activité physique intense pendant les heures les plus chaudes, généralement entre 11 h et 18 h.

Si vous souhaitez pratiquer un sport, privilégiez le début de matinée ou la soirée, hydratez-vous avant, pendant et après l’effort, et interrompez immédiatement l’activité en cas de fatigue inhabituelle, de vertiges ou de maux de tête.

 

Les enfants sont-ils plus sensibles aux fortes chaleurs ?

Oui.

Les nourrissons et les jeunes enfants régulent moins bien leur température corporelle que les adultes. Ils se déshydratent également plus rapidement. Il est donc essentiel de leur proposer régulièrement de l’eau, de les maintenir dans des endroits frais et de ne jamais les laisser seuls dans une voiture, même quelques minutes.

 

Les personnes âgées doivent-elles boire davantage ?

Oui.

Chez les seniors, la sensation de soif est souvent diminuée. Beaucoup ne boivent pas suffisamment sans s’en rendre compte. Il est recommandé de boire régulièrement au cours de la journée, même sans ressentir de soif, et de privilégier également les aliments riches en eau comme les fruits, les légumes ou les laitages.

 

Quels sont les premiers signes d’une déshydratation ?

Les principaux signes sont :

  • une soif importante ;
  • une bouche sèche ;
  • des urines peu abondantes et foncées ;
  • une fatigue inhabituelle ;
  • des étourdissements ;
  • des maux de tête ;
  • une sensation de faiblesse.

Chez les personnes âgées, une confusion ou une somnolence inhabituelle peuvent également être les premiers signes d’une déshydratation.

 

Comment savoir si un médicament augmente le risque de coup de chaleur ?

Tous les traitements ne présentent pas ce risque. En revanche, certains médicaments peuvent favoriser la déshydratation, diminuer la transpiration ou modifier la régulation de la température corporelle.

En cas de doute, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien. N’interrompez jamais un traitement sans avis médical.

 

Les fortes chaleurs peuvent-elles aggraver une maladie chronique ?

Oui.

Les épisodes de canicule peuvent déséquilibrer certaines pathologies comme :

  • l’insuffisance cardiaque ;
  • l’hypertension artérielle ;
  • le diabète ;
  • l’asthme ;
  • la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ;
  • les maladies rénales.

Les personnes concernées doivent être particulièrement vigilantes et consulter en cas de symptômes inhabituels.

 

L’essentiel à retenir

Les fortes chaleurs ne sont pas seulement inconfortables : elles peuvent représenter un véritable danger pour la santé, en particulier chez les personnes les plus fragiles. Une bonne hydratation, des gestes simples pour maintenir une température corporelle normale et une vigilance accrue vis-à-vis de certains traitements médicamenteux permettent de prévenir la majorité des complications.

Les personnes âgées, les nourrissons, les femmes enceintes ou les patients souffrant de maladies chroniques doivent faire l’objet d’une attention particulière lors des épisodes de canicule. En cas de doute, de malaise ou de symptômes inhabituels, il est préférable de consulter rapidement un professionnel de santé.

 

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Tableau récapitulatif : quels médicaments nécessitent une vigilance particulière en cas de fortes chaleurs ?

Famille de médicaments Pourquoi faut-il être vigilant ? Les bons réflexes
Diurétiques Favorisent les pertes d’eau et le risque de déshydratation. Boire régulièrement et consulter en cas de vertiges ou de baisse importante de la tension.
Antihypertenseurs Peuvent accentuer la baisse de tension provoquée par la chaleur. Se lever progressivement et signaler tout malaise à son médecin.
Antidépresseurs Certains diminuent la transpiration et limitent le refroidissement naturel du corps. Éviter les expositions prolongées au soleil et rester bien hydraté.
Neuroleptiques Peuvent perturber la régulation de la température corporelle. Être particulièrement vigilant lors des épisodes de canicule.
Anxiolytiques et somnifères Peuvent diminuer la vigilance et la perception de la soif. Penser à boire régulièrement, même sans sensation de soif.
Antihistaminiques Certains réduisent la transpiration. Demander conseil à son pharmacien en cas de fortes chaleurs.
Traitements de la maladie de Parkinson Peuvent modifier les mécanismes de thermorégulation. Éviter les sorties aux heures les plus chaudes et s’hydrater fréquemment.
Certains traitements du diabète La déshydratation peut déséquilibrer la glycémie. Surveiller plus régulièrement sa glycémie et maintenir une bonne hydratation.

À retenir : un traitement ne doit jamais être arrêté ou modifié sans avis médical. Si vous prenez plusieurs médicaments ou souffrez d’une maladie chronique, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant et pendant un épisode de fortes chaleurs.

 

Vrai ou faux ? Démêlons les idées reçues sur les fortes chaleurs

« Il faut attendre d’avoir soif pour boire. »

❌ Faux

La soif apparaît souvent lorsque l’organisme est déjà en début de déshydratation. Il est préférable de boire régulièrement tout au long de la journée, surtout chez les personnes âgées.

 

« Une bière désaltère quand il fait chaud. »

❌ Faux

L’alcool favorise la déshydratation et peut altérer la perception des premiers signes de fatigue ou de coup de chaleur. En période de canicule, il est recommandé de privilégier l’eau.

 

« Les ventilateurs suffisent toujours à se protéger. »

❌ Faux

Lorsque la température ambiante dépasse environ 35 °C, un ventilateur seul devient beaucoup moins efficace. Il est préférable de l’utiliser avec un brumisateur, un linge humide ou après une douche tiède.

 

« Les personnes en bonne santé ne risquent rien. »

❌ Faux

Même un adulte jeune peut souffrir d’un coup de chaleur après un effort physique intense, une randonnée, un travail en extérieur ou une exposition prolongée au soleil sans hydratation suffisante.

 

« Il vaut mieux éviter de boire pour moins transpirer. »

❌ Faux

La transpiration est un mécanisme naturel indispensable pour refroidir le corps. Se priver d’eau augmente au contraire le risque de déshydratation et de coup de chaleur.

 

« Une douche glacée est la meilleure solution pour se rafraîchir. »

❌ Faux

Une douche très froide peut provoquer une vasoconstriction brutale et rendre l’évacuation de la chaleur moins efficace. Une douche fraîche ou tiède est généralement plus adaptée.

 

« Les coups de chaleur ne concernent que les personnes âgées. »

❌ Faux

Les seniors sont les plus vulnérables, mais les nourrissons, les jeunes enfants, les femmes enceintes, les sportifs, les travailleurs en extérieur et toute personne exposée à une forte chaleur peuvent être concernés.

 

« La nuit, il n’y a plus de danger. »

❌ Faux

Lorsque les températures restent élevées la nuit (nuits tropicales), l’organisme récupère moins bien. Plusieurs nuits consécutives sans véritable rafraîchissement augmentent la fatigue et le risque de complications, notamment chez les personnes fragiles.

 

Les 10 réflexes essentiels à adopter pendant une vague de chaleur

Voici les recommandations essentielles à retenir :

  1. Buvez régulièrement de l’eau, même sans sensation de soif.
  2. Évitez les sorties et les efforts physiques aux heures les plus chaudes.
  3. Maintenez votre logement au frais en fermant volets et fenêtres durant la journée.
  4. Rafraîchissez-vous plusieurs fois par jour avec une douche ou un linge humide.
  5. Portez des vêtements légers, amples et de couleur claire.
  6. Ne laissez jamais un enfant, une personne vulnérable ou un animal seul dans une voiture.
  7. Continuez à vous alimenter, même si votre appétit diminue.
  8. Prenez régulièrement des nouvelles des personnes âgées ou isolées de votre entourage.
  9. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien si vous prenez un traitement susceptible d’augmenter le risque de déshydratation.
  10. En cas de confusion, de malaise, de perte de connaissance ou de température corporelle très élevée, appelez immédiatement les secours.

 

Sources  

 

 

Alors que plusieurs incendies majeurs touchent actuellement la Gironde et le Var, des milliers d’hectares ont déjà été détruits et de nombreuses communes ont dû être évacuées. Si les flammes représentent un danger immédiat pour les populations proches des foyers, les fumées d’incendie constituent également un risque sanitaire important, parfois à plusieurs centaines de kilomètres du brasier en fonction des vents. Les autorités rappellent que les particules fines transportées par les panaches de fumée peuvent dégrader durablement la qualité de l’air, même dans des secteurs éloignés des incendies.

Les nourrissons, les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires sont particulièrement exposés. Voici les principaux conseils pour limiter les risques.

 

Pourquoi les fumées des incendies sont-elles dangereuses ?

Les fumées de feux de forêt contiennent un mélange complexe de gaz toxiques, de particules fines (PM2.5), de monoxyde de carbone et de nombreux composés irritants.

Les particules les plus fines pénètrent profondément dans les poumons et peuvent même passer dans la circulation sanguine. Elles favorisent :

  • les crises d’asthme ;
  • les exacerbations de BPCO ;
  • les infections respiratoires ;
  • les difficultés respiratoires ;
  • les complications cardiovasculaires chez les personnes fragiles.

Même lorsque l’incendie semble éloigné, le risque persiste tant que le panache de fumée est présent.

 

Qui sont les personnes les plus à risque ?

Certaines populations doivent être particulièrement vigilantes :

  • les personnes âgées ;
  • les femmes enceintes ;
  • les nourrissons et jeunes enfants ;
  • les personnes souffrant d’asthme ou de bronchite chronique ;
  • les patients atteints de BPCO ;
  • les personnes présentant une insuffisance cardiaque ou une maladie cardiovasculaire ;
  • les personnes immunodéprimées.

Chez ces personnes, une simple exposition de quelques heures peut suffire à provoquer une aggravation des symptômes respiratoires ou cardiaques.

 

Les bons réflexes pour limiter l’exposition aux fumées

Restez autant que possible à l’intérieur

Lorsque les fumées sont visibles ou que la qualité de l’air est dégradée, il est recommandé de limiter les sorties.

Gardez les portes et fenêtres fermées afin d’éviter que les particules ne pénètrent dans le logement.

Évitez les efforts physiques

Faire du sport, jardiner ou réaliser un travail physique augmente la quantité d’air inhalée et donc la pénétration des particules dans les poumons.

En période de pollution liée aux incendies, mieux vaut reporter toute activité physique extérieure.

Améliorez la qualité de l’air intérieur

À l’intérieur du logement :

  • évitez les bougies, l’encens ou les cheminées ;
  • ne fumez pas ;
  • limitez toute source de pollution intérieure.

Si votre système de ventilation ne dispose pas d’une filtration adaptée, les autorités recommandent de le couper temporairement afin de limiter l’entrée des fumées.

Portez un masque adapté si vous devez sortir

Un masque chirurgical protège peu contre les particules fines.

En revanche, un masque FFP2 correctement ajusté permet de réduire une partie de l’exposition, notamment chez les personnes vulnérables lorsqu’une sortie est indispensable.

Hydratez-vous régulièrement

Les fumées irritent les voies respiratoires et favorisent la déshydratation, surtout en période de fortes chaleurs.

Boire suffisamment d’eau aide à limiter l’irritation des muqueuses.

 

Femmes enceintes : une vigilance renforcée

Les études montrent qu’une exposition importante aux particules fines peut être associée à certaines complications de la grossesse.

Les femmes enceintes doivent donc :

  • éviter toute exposition prolongée aux fumées ;
  • rester dans un environnement le plus sain possible ;
  • consulter rapidement leur médecin en cas d’essoufflement inhabituel, de malaise ou de diminution des mouvements du bébé.

Personnes âgées : ne restez pas isolées

Les seniors présentent souvent plusieurs facteurs de risque : maladies chroniques, capacité respiratoire diminuée ou traitements médicaux.

En période d’incendie, il est conseillé :

  • de maintenir un contact régulier avec un proche ;
  • de suivre les recommandations de la mairie ou de la préfecture ;
  • de préparer ses traitements en cas d’évacuation.

Les communes disposent souvent de dispositifs spécifiques pour accompagner les personnes vulnérables lors des crises majeures.

Asthme, BPCO : gardez votre traitement à portée de main

Les personnes souffrant de maladies respiratoires ne doivent jamais interrompre leur traitement de fond.

Il est recommandé de :

  • conserver son inhalateur sur soi ;
  • respecter les prescriptions médicales ;
  • contacter rapidement son médecin si les symptômes s’aggravent.

Quels symptômes doivent alerter ?

Une consultation médicale rapide est recommandée en cas de :

  • difficultés respiratoires inhabituelles ;
  • essoufflement important ;
  • douleurs thoraciques ;
  • toux persistante ;
  • respiration sifflante ;
  • lèvres ou doigts bleutés ;
  • malaise ou perte de connaissance.

En cas de détresse respiratoire ou de douleur thoracique intense, il faut appeler immédiatement les secours.

Suivez la qualité de l’air et les consignes des autorités

Pendant les incendies, la qualité de l’air peut évoluer très rapidement selon les vents.

Avant toute sortie, consultez les bulletins des autorités locales ainsi que les indices de qualité de l’air diffusés par les réseaux de surveillance.

En cas d’ordre d’évacuation, quittez les lieux sans attendre et ne revenez jamais dans une zone sinistrée tant que les autorités ne l’autorisent pas.

 

En résumé, les fumées des incendies représentent un véritable risque sanitaire, y compris loin des flammes. Les femmes enceintes, les personnes âgées, les enfants et les patients atteints de maladies respiratoires ou cardiaques doivent adopter des mesures de protection renforcées. Rester à l’abri, limiter les sorties, porter un masque FFP2 lorsque cela est nécessaire et surveiller l’apparition de symptômes sont les meilleurs moyens de réduire les conséquences sur la santé.

 

Pour aller plus loin

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Sources :

Fatigue persistante, mal de tête quotidien, stress chronique : ces signaux que votre corps vous envoie

Nous avons tous connu une période de fatigue, une journée avec un mal de tête ou une semaine particulièrement stressante. La plupart du temps, ces symptômes disparaissent après quelques jours de repos. Mais lorsqu’ils s’installent dans la durée ou deviennent plus fréquents, ils peuvent révéler un problème de santé sous-jacent.

Dans cette nouvelle édition de notre rubrique Focus santé au quotidien, nous faisons le point sur trois symptômes très fréquents : la fatigue persistante, les maux de tête quotidiens et le stress chronique.

La fatigue persistante : quand le repos ne suffit plus

Après une période de travail intense, une infection ou quelques nuits écourtées, il est normal de se sentir fatigué. En revanche, une fatigue qui dure plusieurs semaines malgré un sommeil suffisant mérite d’être prise au sérieux.

Les causes les plus fréquentes

Une fatigue persistante peut avoir de nombreuses origines :

  • un manque de sommeil ou un sommeil de mauvaise qualité ;
  • un stress important ;
  • une alimentation déséquilibrée ;
  • une carence en fer ou en vitamines ;
  • une maladie chronique ;
  • des troubles de la thyroïde ;
  • certains médicaments ;
  • une dépression ou un trouble anxieux.

Quand consulter ?

Un avis médical est recommandé si :

  • la fatigue dure plus de deux à trois semaines ;
  • elle empêche les activités habituelles ;
  • elle s’accompagne d’une perte de poids, de fièvre ou d’essoufflement ;
  • elle apparaît brutalement sans cause identifiable.

Le médecin pourra rechercher une éventuelle cause médicale et proposer des examens complémentaires si nécessaire.

 

Les maux de tête quotidiens : ne pas les banaliser

Le mal de tête est l’un des motifs de consultation les plus fréquents en médecine générale.

Dans la majorité des cas, il s’agit de céphalées de tension ou de migraines. Toutefois, des douleurs qui deviennent quotidiennes nécessitent une évaluation médicale.

Les causes possibles

Les maux de tête peuvent être liés à :

  • une fatigue importante ;
  • le stress ;
  • une déshydratation ;
  • un manque de sommeil ;
  • une mauvaise posture ;
  • une migraine ;
  • une consommation excessive de certains médicaments antidouleur ;
  • plus rarement, une maladie neurologique.

Les signes qui doivent alerter

Il est important de consulter rapidement si le mal de tête :

  • apparaît brutalement et de façon très intense ;
  • s’accompagne de fièvre ;
  • survient après un traumatisme ;
  • provoque des troubles de la vision ou de la parole ;
  • s’accompagne d’une faiblesse d’un bras ou d’une jambe ;
  • devient quotidien sans amélioration.

 

Le stress chronique : un impact réel sur la santé

Le stress est une réaction normale de l’organisme face à une situation difficile. En revanche, lorsqu’il devient permanent, il peut avoir des conséquences importantes sur la santé physique et mentale.

Quels sont les symptômes ?

Le stress chronique peut provoquer :

  • une fatigue permanente ;
  • des troubles du sommeil ;
  • une irritabilité ;
  • des difficultés de concentration ;
  • des douleurs musculaires ;
  • des troubles digestifs ;
  • une baisse de la motivation ;
  • une anxiété persistante.

Les conséquences à long terme

Lorsqu’il s’installe durablement, le stress chronique peut favoriser :

  • l’hypertension artérielle ;
  • certaines maladies cardiovasculaires ;
  • des troubles anxieux ;
  • un épisode dépressif ;
  • un épuisement professionnel (burn-out).

Les bons réflexes pour préserver sa santé

Quelques habitudes simples permettent de limiter l’apparition ou l’aggravation de ces symptômes :

  • adopter des horaires de sommeil réguliers ;
  • pratiquer une activité physique adaptée ;
  • maintenir une alimentation équilibrée ;
  • boire suffisamment d’eau tout au long de la journée ;
  • limiter les écrans avant le coucher ;
  • prendre régulièrement des temps de pause ;
  • apprendre à gérer son stress grâce à la relaxation, à la méditation ou à la respiration.

Ces mesures ne remplacent pas un avis médical lorsque les symptômes persistent.

Quand faut-il consulter rapidement ?

Une consultation est recommandée si :

  • la fatigue devient inhabituelle ou s’aggrave ;
  • les maux de tête sont fréquents ou très intenses ;
  • le stress entraîne une souffrance importante ;
  • les symptômes perturbent le travail, la vie familiale ou le sommeil ;
  • des signes inhabituels apparaissent (fièvre, perte de poids, troubles neurologiques, douleurs thoraciques…).

Une prise en charge précoce permet souvent d’identifier la cause et d’éviter des complications.

En résumé

La fatigue persistante, les maux de tête quotidiens et le stress chronique ne doivent pas être systématiquement considérés comme de simples désagréments du quotidien.

Lorsqu’ils durent, s’intensifient ou s’accompagnent d’autres symptômes, ils justifient un avis médical afin d’en rechercher l’origine et de mettre en place une prise en charge adaptée.

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FAQ

La fatigue peut-elle être le signe d’une maladie ?

Oui. Si elle persiste malgré le repos ou s’accompagne d’autres symptômes, elle peut révéler une carence, une maladie chronique, un trouble hormonal ou un problème psychologique.

Est-il normal d’avoir mal à la tête tous les jours ?

Non. Des maux de tête quotidiens nécessitent un avis médical afin d’en rechercher la cause et d’adapter la prise en charge.

Le stress peut-il provoquer des douleurs physiques ?

Oui. Le stress chronique peut entraîner des tensions musculaires, des troubles digestifs, des maux de tête, des palpitations ou des troubles du sommeil.

Quand consulter en urgence pour un mal de tête ?

Un mal de tête brutal, extrêmement intense ou associé à des troubles neurologiques, de la fièvre, des vomissements ou une perte de connaissance nécessite une prise en charge médicale urgente.

 

Sources

Lorsque les températures dépassent les 35 °C, continuer à pratiquer une activité physique peut rapidement devenir dangereux. Pourtant, faut-il arrêter totalement le sport pendant une canicule ? Pas forcément.

L’activité physique reste bénéfique pour la santé, à condition d’adapter son intensité, son horaire et le type de sport pratiqué. Certaines disciplines sont beaucoup mieux tolérées que d’autres lors des épisodes de fortes chaleurs.

Voici les recommandations des professionnels de santé pour continuer à bouger sans mettre votre organisme en difficulté.

 

Pourquoi la canicule augmente les risques liés au sport ?

Pendant un effort, le corps produit naturellement de la chaleur. Pour maintenir une température corporelle autour de 37 °C, il évacue cette chaleur grâce à la transpiration.

Lors d’une canicule, ce mécanisme devient beaucoup moins efficace :

  • l’air est déjà très chaud ;
  • l’humidité peut limiter l’évaporation de la sueur ;
  • la déshydratation survient plus rapidement ;
  • le cœur travaille davantage pour refroidir l’organisme.

Résultat : la température corporelle peut augmenter rapidement et provoquer un coup de chaleur, une urgence médicale.

 

Les meilleurs sports à pratiquer pendant une canicule

L’objectif n’est pas de battre des records, mais de conserver une activité physique douce.

La marche aux heures fraîches

La marche reste l’activité la plus simple et la plus sûre.

Privilégiez :

  • avant 9 heures ;
  • après 20 heures ;
  • des parcours ombragés ;
  • une allure modérée.

Même 30 minutes suffisent à préserver les bénéfices cardiovasculaires.

 

La natation

La natation est souvent considérée comme le sport idéal pendant une canicule.

L’eau permet au corps de mieux réguler sa température tout en sollicitant l’ensemble des muscles.

Attention toutefois :

  • évitez une eau trop froide après une longue exposition au soleil ;
  • hydratez-vous même si vous ne transpirez pas visiblement.

 

Le vélo… avec précaution

Le vélo reste possible si :

  • les températures sont encore fraîches ;
  • le parcours est ombragé ;
  • l’intensité reste faible.

En revanche, les longues sorties en plein soleil sont déconseillées.

 

Le yoga doux

Le yoga, le stretching ou le Pilates permettent de maintenir la mobilité sans solliciter excessivement le système cardiovasculaire.

L’idéal est de pratiquer :

  • dans une pièce ventilée ;
  • avec une bonne hydratation ;
  • sans rechercher la performance.

 

Les activités aquatiques

Aquagym, aquabike doux ou simple marche dans l’eau offrent une excellente alternative lorsque les températures grimpent.

La résistance de l’eau limite également les impacts sur les articulations.

 

Les sports à éviter pendant les fortes chaleurs

Certaines disciplines augmentent fortement le risque de coup de chaleur.

Il est préférable d’éviter :

  • les marathons ;
  • le trail ;
  • les longues randonnées en montagne ;
  • le football en plein après-midi ;
  • le tennis sous un soleil intense ;
  • les sports de combat en salle mal ventilée ;
  • le CrossFit ou le HIIT ;
  • les séances de musculation très intenses.

Même les sportifs entraînés peuvent être victimes d’un malaise.

 

Les meilleurs horaires pour faire du sport

Les autorités sanitaires recommandent d’éviter toute activité physique :

  • entre 11 heures et 21 heures lors des épisodes les plus intenses ;
  • lorsque les températures dépassent 30 à 32 °C.

Les créneaux les plus sûrs restent :

tôt le matin

tard le soir

 

Comment bien s’hydrater pendant l’effort ?

La sensation de soif apparaît souvent trop tard.

Les spécialistes recommandent :

  • boire régulièrement avant l’effort ;
  • continuer pendant l’activité ;
  • poursuivre l’hydratation après le sport.

L’eau reste la meilleure boisson dans la majorité des situations.

Pour les efforts prolongés (plus d’une heure), des boissons de réhydratation peuvent être utiles selon l’intensité de l’exercice.

 

Adapter son équipement

Quelques gestes simples permettent de mieux supporter la chaleur.

Choisissez :

  • des vêtements techniques, amples et clairs ;
  • une casquette ou un chapeau ;
  • des lunettes de soleil ;
  • une crème solaire SPF 50 ;
  • des chaussures respirantes.

Si possible, privilégiez les zones boisées, les parcs ou les bords de rivière.

 

Les personnes qui doivent être particulièrement prudentes

Certaines populations présentent un risque plus élevé de complications :

  • les personnes âgées ;
  • les enfants ;
  • les femmes enceintes ;
  • les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires ;
  • les diabétiques ;
  • les personnes atteintes de maladies respiratoires ;
  • les personnes prenant certains médicaments (diurétiques, bêtabloquants, antidépresseurs…).

Avant de reprendre une activité physique pendant une période de canicule, un avis médical peut être recommandé.

 

Les signes qui doivent faire arrêter immédiatement le sport

Il ne faut jamais « forcer » malgré la chaleur.

Arrêtez immédiatement votre activité si vous ressentez :

  • des vertiges ;
  • des maux de tête ;
  • des nausées ;
  • une fatigue inhabituelle ;
  • des crampes ;
  • une confusion ;
  • une peau chaude et sèche ;
  • une accélération importante du rythme cardiaque.

Ces symptômes peuvent annoncer un coup de chaleur.

 

Que faire en cas de coup de chaleur ?

Le coup de chaleur constitue une urgence.

En attendant les secours :

  • placez la personne à l’ombre ;
  • retirez les vêtements superflus ;
  • rafraîchissez-la avec de l’eau ;
  • appliquez des linges humides ;
  • appelez le 15 ou le 112 si les symptômes persistent ou s’aggravent.

Une prise en charge rapide est indispensable.

 

Peut-on faire du sport en salle climatisée ?

Oui, à condition que :

  • la climatisation ne soit pas excessive ;
  • la température reste confortable (autour de 24 à 26 °C) ;
  • l’effort soit adapté à votre condition physique.

Attention toutefois aux écarts importants entre l’extérieur et l’intérieur qui peuvent fatiguer l’organisme.

 

La chaleur diminue-t-elle les performances sportives ?

Oui.

Dès que la température augmente, le corps utilise davantage d’énergie pour maintenir sa température interne.

Les conséquences sont nombreuses :

  • fréquence cardiaque plus élevée ;
  • fatigue plus rapide ;
  • récupération plus lente ;
  • diminution de l’endurance ;
  • risque accru de blessures.

Accepter de ralentir fait partie des bonnes pratiques.

 

 

Faire du sport pendant une canicule est possible, mais il faut adapter sa pratique.

Les activités les plus recommandées sont :

  • la marche aux heures fraîches ;
  • la natation ;
  • les activités aquatiques ;
  • le yoga doux ;
  • le vélo à faible intensité.

Le respect des horaires, une hydratation régulière et l’écoute des signaux du corps sont les meilleurs moyens de profiter des bienfaits de l’activité physique sans mettre sa santé en danger.

 

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FAQ

Peut-on courir pendant une canicule ?

Il est fortement déconseillé de courir en pleine journée lors d’un épisode de canicule. Si vous souhaitez maintenir votre entraînement, privilégiez les premières heures du matin ou la soirée et réduisez fortement l’intensité.

La natation est-elle le meilleur sport en cas de fortes chaleurs ?

Oui. La natation est l’une des activités les plus adaptées car elle aide à limiter l’élévation de la température corporelle tout en offrant un entraînement complet.

Faut-il boire uniquement quand on a soif ?

Non. La sensation de soif apparaît souvent après le début de la déshydratation. Il est recommandé de boire régulièrement avant, pendant et après l’effort.

Peut-on faire du sport avec un ventilateur ?

Oui, en intérieur, un ventilateur peut améliorer le confort thermique, mais il ne remplace pas une bonne hydratation ni l’adaptation de l’intensité de l’effort.

 

Sources

L’art-thérapie s’impose aujourd’hui comme une approche complémentaire de plus en plus reconnue dans l’accompagnement de nombreuses difficultés psychologiques, émotionnelles ou liées à la maladie. Accessible aux enfants, aux adolescents, aux adultes comme aux personnes âgées, elle permet d’utiliser la création artistique comme un véritable outil de soin, sans qu’aucun talent artistique ne soit nécessaire.

Mais en quoi consiste réellement une séance ? Dans quelles situations consulter un art-thérapeute ? Quels sont les bénéfices observés sur la santé mentale, la gestion des émotions ou encore l’accompagnement de maladies comme Alzheimer ou Parkinson ?

Pour répondre à ces questions, nous avons rencontré Cathy Guilbert, art-thérapeute, musicothérapeute, sonothérapeute et praticienne en psychothérapie installée à Caudrot (Gironde). Elle nous ouvre les portes de sa pratique et explique comment la créativité peut devenir un véritable chemin de reconstruction.

 

Parcours et découverte du métier

Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours ?

Je suis art-thérapeute, musicothérapeute, sonothérapeute et praticienne en psychothérapie. Pendant près de 20 ans j’ai enseigné la musique, tout en poursuivant une pratique artistique nourrie par le piano, la clarinette, le chant et le dessin. Très tôt, j’ai été fascinée par la capacité de l’art à toucher des zones profondes de notre être, là où les mots ne suffisent plus.

Au fil des années, j’ai ressenti le besoin d’accompagner les personnes autrement, dans une relation plus individuelle et thérapeutique. Je me suis alors formée à la musicothérapie, puis à l’art-thérapie, avec une approche fondée sur la psychologie clinique et la psychanalyse. J’exerce aujourd’hui en cabinet et en institution auprès d’enfants, d’adolescents, d’adultes et de personnes âgées.

Mon propre parcours de vie, notamment l’expérience de la maladie, a également transformé ma manière d’accompagner. Il m’a appris combien la créativité peut devenir chemin de reconstruction lorsque tout semble vaciller.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir art-thérapeute ?

J’ai toujours été convaincue que la créativité possède une force thérapeutique extraordinaire. Lorsque la souffrance est trop intense ou trop ancienne, les mots deviennent parfois impossibles. Les couleurs, les formes, la musique ou la matière offrent alors un autre langage.

Ce qui me passionne c’est d’observer comment une personne retrouve progressivement ses ressources en retrouvant sa capacité à créer.

Comment se forme-t-on aujourd’hui à l’art-thérapie ?

L’art-thérapie demande une solide formation. Elle associe la psychologie clinique, la psychopathologie, la pratique thérapeutique, la création, et de nombreux stages. La formation ne s’arrête jamais : supervision, formation continue et réflexion clinique sont indispensables pour accompagner les personnes avec justesse et éthique.

Quelles qualités sont indispensables pour exercer ce métier ?

L’écoute, l’empathie, la patience, la capacité à entendre ce qui n’est pas dit, l’accueil sans jugement, le respect du rythme de chacun et une grande humilité.

Un art-thérapeute ne cherche jamais  à interpréter ou à diriger. Il accompagne un processus créatif singulier.

 

Comprendre l’art-thérapie

 

Comment définiriez-vous l’art-thérapie à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler ?

L’art-thérapie est une technique de soin qui permet de dépasser ses difficultés par le biais d’une stimulation des capacités créatrices.

Ce n’est pas le résultat esthétique qui compte mais le processus créatif.

Ce n’est pas l’œuvre qui soigne mais ce qui se passe pendant sa création.

Créer c’est parfois dire ce qui ne peut être raconté autrement.

L’art-thérapie se distingue-t-elle d’un simple atelier créatif ou de loisirs ?

Dans un atelier créatif, on apprend une technique ou on réalise un objet.

En art-thérapie, il n’y a aucun objectif esthétique. Le dessin, la peinture ou le modelage deviennent des supports d’expression psychique. Ce qui importe, c’est le vécu de la personne pas le résultat.

Faut-il avoir des compétences artistiques pour bénéficier de l’art-thérapie ?

Il n’est pas nécessaire de savoir peindre ou dessiner. On ne cherche pas à produire quelque chose de beau ou de réussi. On laisse une trace : une couleur, une matière, une forme qui exprime ce qui, à l’intérieur, reste coincé ou trop flou pour être mis en mots.

Quels sont les principaux outils ou supports que vous utilisez ?

Je travaille avec de nombreux supports : Peinture, collage, argile, sable, musique, relaxation sonore.

Chaque outil est choisi en fonction de la personne, jamais l’inverse.

Dessin, peinture, écriture, collage, modelage… existe-t-il plusieurs formes d’art-thérapie ?

Oui. C’est très varié : arts-plastiques, écriture, théâtre, danse, musique ou encore le conte, les marionnettes, le clown. Ce qui les unit, c’est leur capacité à  soutenir les processus de symbolisation et de transformation.

Elles poursuivent toutes le même objectif : favoriser l’expression, restaurer les ressources personnelles et soutenir le mieux-être

 

Les bienfaits sur la santé

 

Quels bienfaits observez-vous ?

J’observe souvent une diminution de l’anxiété, une meilleure régulation émotionnelle, davantage de confiance et d’estime de soi, un apaisement intérieur, une reprise de l’élan vital et parfois une véritable réconciliation avec son histoire ainsi qu’une capacité nouvelle à mettre du sens sur son vécu.

Comment la création artistique peut-elle aider à exprimer des émotions difficiles ?

Une émotion n’a pas toujours besoin d’être expliquée pour commencer à se transformer. Lorsque la personne peint, modèle ou écrit, elle dépose quelque chose d’elle-même à l’extérieur. Ce déplacement rend souvent la souffrance plus supportable.

L’art-thérapie peut-elle contribuer à réduire le stress ou l’anxiété ?

Oui,  elle favorise le relâchement, recentre l’attention sur le moment présent et diminue souvent les tensions physiques et psychiques.

 Quel rôle peut-elle jouer dans la prévention des troubles psychiques ?

Elle permet de reconnaître ses émotions avant qu’elles ne deviennent envahissantes, favorise la connaissance de soi et développe les capacités d’adaptation face aux difficultés.

Elle contribue au maintien d’un équilibre psychique.

Peut-elle aider à retrouver confiance en soi ?

Oui, très souvent. En créant, la personne découvre qu’elle est capable de faire, de choisir, d’inventer. Cela nourrit progressivement la confiance et l’estime de soi.

Créer c’est aussi expérimenter que l’on est encore capable d’imaginer, de choisir, de transformer.

Quels changements constatez-vous le plus souvent après plusieurs séances ?

Je vois des regards qui s’ouvrent, des corps qui se détendent, des paroles qui deviennent possibles, des sourires qui réapparaissent. Les changements sont parfois discrets mais profondément durables. Les personnes deviennent plus confiantes, plus spontanées. Certaines osent davantage prendre leur place.

 

Les publics accompagnés

 Qui peut bénéficier de l’art-thérapie ?

Les enfants, les adolescents, les adultes, les personnes âgées, il n’y a pas de limite d’âge

Travaillez-vous avec des enfants ? Dans quelles situations ?

Oui, j’accompagne notamment des enfants présentant des difficultés dans la gestion de leurs émotions, des troubles de l’attention et de l’hyperactivité, des troubles du neurodéveloppement ou vivant des situations familiales complexes.

L’art-thérapie est-elle utile pour les adolescents ?

Oui car l’adolescence est une période où les émotions sont particulièrement intenses. L’art-thérapie devient un langage souvent plus accessible que les mots.

Qu’apporte-t-elle aux adultes confrontés à des périodes difficiles de leur vie ?

Elle réduit le stress et l’intrusion de pensées négatives en augmentant l’estime de soi. L’art-thérapie permet l’expression de soi, de ses ressentis, de ses émotions et donne un sens aux événements difficiles et douloureux de la vie.

Quel rôle peut-elle jouer auprès des personnes âgées ?

Elle maintient les capacités cognitives, favorise les échanges, lutte contre l’isolement et permet de préserver une identité.

Est-elle utilisée dans l’accompagnement des personnes atteintes de maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson ?

Maladie d’Alzheimer : L’art-thérapie est utilisée pour favoriser l’estime et la confiance en soi, soutenir les fonctions cognitives et sensorimotrices. Elle permet également de favoriser la socialisation et aide à gérer le stress et l’anxiété.

Maladie de Parkinson : l’art-thérapie contribue également au maintien de l’autonomie motrice et aide à réduire l’anxiété.

Intervenez-vous auprès de personnes en situation de handicap ?

Oui, auprès d’enfants ou d’adultes présentant un handicap physique et cognitif. L’art-thérapie s’adapte aux besoins et aux capacités de chacun.

 

Art-thérapie et parcours de soins

 

L’art-thérapie peut-elle compléter un suivi psychologique ou médical ?

L’art-thérapie vient en complément, jamais en remplacement d’un traitement médical ou psychologique.

Travaillez-vous parfois avec des psychologues, médecins ou autres professionnels de santé ?

Oui, lorsque cela est pertinent et bénéfique pour la personne, et toujours avec son accord,  je travaille en lien avec des psychologues, médecins, éducateurs spécialisés, orthophonistes et équipes soignantes.

Dans quels établissements exerce-t-on aujourd’hui l’art-thérapie ?

Elle trouve aujourd’hui sa place en cabinet libéral, à l’hôpital, en EHPAD, en institut médico-éducatif, ou dans les maisons à caractère social.

Quelle place occupe cette discipline dans le système de santé français ?

Elle est de plus en plus reconnue même si son développement reste encore inégal suivant les établissements.

 

Une séance concrètement

 

Comment se déroule une première séance ?

La première rencontre est avant tout un temps d’écoute. J’accorde beaucoup d’importance à comprendre l’histoire, les attentes, et la demande. L’entretien préliminaire est primordial avant tout suivi en art-thérapie. Cette première séance est consacrée à la mise en place du cadre art-thérapeutique ; l’horaire, la fréquence, le nombre de séances, objectifs…

Que ressent généralement une personne qui découvre l’art-thérapie ?

De la curiosité, de l’appréhension, mais aussi un apaisement lié au fait de se sentir entendus et accueillis dans leur souffrance.

Comment choisissez-vous les exercices ou les supports proposés ?

Ils sont adaptés aux besoins et à l’objectif thérapeutique.

Existe-t-il des objectifs définis avec le patient ?

Oui, ils sont définis ensemble lors de l’entretien préliminaire et peuvent évoluer au fil des séances.

Combien de séances sont généralement nécessaires pour observer des effets ?

Je propose en général 10 séances qui sont renouvelables. Il arrive parfois que certaines personnes ressentent un mieux-être plus rapidement. D’autres auront besoin d’un accompagnement plus long. Cela dépend des personnes et de leur chemin dans l’atelier.

 

Cas pratiques et témoignages

 

Pouvez-vous nous partager un souvenir marquant de votre pratique ? (en respectant l’anonymat)

Je pense à ce jeune garçon accueilli en institution qui, lors de notre première rencontre, ne prononçait quasiment aucun mot. Pendant plusieurs mois, il s’est exprimé uniquement par ses créations. Peu à peu, les sourires sont apparus, puis quelques mots, puis de véritables échanges. Il a  retrouvé  confiance au point d’oser entrer en relation dans l’espace thérapeutique mais aussi à l’extérieur avec d’autres personnes. C’était une très belle transformation.

Avez-vous observé des évolutions particulièrement étonnantes chez certaines personnes ?

Oui. J’ai vu des enfants mutiques entrer progressivement en relation grâce au dessin et à la peinture, des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer retrouver des souvenirs à travers la musique, ou encore des patients atteints de cancer retrouver une image d’eux-mêmes plus apaisée malgré les transformations de leur corps.

Il arrive aussi que des personnes qui se pensaient incapables de créer découvrent des ressources insoupçonnées. À ce moment-là ce n’est pas la créativité qui évolue, c’est souvent l’envie de vivre qui reprend sa place.

Quelles sont les demandes les plus fréquentes que vous recevez aujourd’hui ?

Les demandes concernent principalement la gestion des émotions chez les enfants présentant un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), le harcèlement scolaire, mais aussi, chez les adultes, l’anxiété, le deuil, le burn-out ou encore l’accompagnement après un cancer.

 

Santé mentale et société

 

Pensez-vous que notre société laisse suffisamment de place à l’expression des émotions ?

Je ne le pense pas. Nous sommes souvent encouragés à être performants plutôt qu’à écouter ce que nous ressentons.

Pourquoi les approches créatives rencontrent-elles un intérêt croissant aujourd’hui ?

Parce que beaucoup recherchent aujourd’hui des approches plus humaines, plus globales et complémentaires aux soins classiques.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de la santé mentale en France ?

La parole se libère, ce qui est une excellente nouvelle. Notre société parle davantage de santé mentale qu’autrefois, ce qui constitue une avancée majeure.

En revanche, nous avons du mal à accueillir nos émotions. Nous voulons souvent les faire taire rapidement alors qu’elles ont quelque chose à nous apprendre.

Les approches art-thérapeutiques répondent précisément à ce besoin de ralentir, d’écouter et de retrouver une relation plus authentique à soi-même.

 

Conseils aux lecteurs

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui hésite à consulter un art-thérapeute ?

Je lui dirai qu’il n’a pas à avoir peur. Il va être dans un espace contenant et sécurisant. Qu’il va créer en suivant son propre ressenti sans contrainte, sans jugement. On ne crée pas pour les autres, on crée pour soi. Déposer à l’extérieur ce qui coince à l’intérieur. L’art-thérapie n’attend pas un artiste, elle accueille une personne.

Comment choisir un professionnel sérieux ?

En vérifiant sa formation, son expérience, son cadre éthique, sa capacité d’écoute et en s’assurant que l’on se sente en confiance. La qualité de la relation thérapeutique est essentielle.

Peut-on intégrer davantage de créativité dans son quotidien pour améliorer son bien-être ?

Oui, dessiner, écrire, chanter, colorier ou simplement prendre quelques minutes pour créer sans objectif précis est déjà bénéfique. Ça suffit parfois à retrouver un espace de respiration intérieure.

Existe-t-il un exercice simple que nos lecteurs pourraient essayer chez eux ?

Prenez une feuille blanche, choisissez 3 couleurs qui correspondent à votre état intérieur du moment. Pendant 10 minutes laissez votre main se déplacer librement sans chercher à représenter quoi que ce soit.

Puis observez simplement ce qui est apparu. Sans interprétation, sans jugement, avec curiosité.

(Cet exercice ne remplace pas une séance d’art-thérapie. Pour parler d’art-thérapie, il est indispensable d’être accompagné par un professionnel formé, dans un cadre thérapeutique défini.)

Selon vous, quel est le plus beau pouvoir de l’art-thérapie ?

À mes yeux, son plus grand pouvoir est de permettre à une personne de redevenir sujet de sa propre histoire. Là où la souffrance avait figé le mouvement, l’art-thérapie remet de la vie en circulation. Elle permet à une personne de retrouver le chemin vers elle-même, parfois après des années de souffrance ou de silence.

 

La question de conclusion

Si vous deviez résumer l’art-thérapie en une phrase, laquelle choisiriez-vous ?

L’art-thérapie est un espace où la créativité  devient un chemin de transformation. Elle permet à chacun de retrouver ses ressources, de redonner une voix à ce qui ne peut pas être dit et de redevenir pleinement acteur de sa propre vie.

 

“Mettre des mots sur les maux et des couleurs sur les douleurs”

(Johanne Hamel et Jocelyne Labrèche)

 

L’art-thérapie rappelle que le soin ne passe pas uniquement par les mots. À travers la peinture, le dessin, la musique, le modelage ou l’écriture, chacun peut retrouver un espace d’expression, renouer avec ses émotions et mobiliser ses propres ressources.

Si cette discipline ne remplace jamais un suivi médical ou psychologique, elle constitue un accompagnement précieux dans de nombreuses situations : anxiété, burn-out, deuil, troubles du neurodéveloppement, maladies neurodégénératives ou encore parcours de soins après un cancer.

Pour trouver un professionnel de santé près de chez vous, consultez l’annuaire IndexSanté.

 

Sources officielles :

 

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Oublier où l’on a posé ses clés, chercher un mot pendant une conversation ou manquer un rendez-vous arrive à tout le monde. Avec l’âge, certains troubles de la mémoire peuvent également apparaître sans être forcément inquiétants. Pourtant, lorsque les oublis deviennent fréquents et commencent à perturber le quotidien, ils peuvent parfois être les premiers signes de la maladie d’Alzheimer.

En France, plus d’un million de personnes vivent aujourd’hui avec une maladie neurodégénérative apparentée à Alzheimer. Chaque année, des dizaines de milliers de nouveaux cas sont diagnostiqués. Plus le diagnostic est posé tôt, plus les personnes concernées peuvent bénéficier d’un accompagnement adapté, d’un suivi médical et de traitements visant à ralentir l’évolution de certains symptômes.

Alors, quels sont les signes qui doivent réellement alerter ? À partir de quand faut-il consulter ? Comment distinguer les oublis liés à l’âge des symptômes de la maladie d’Alzheimer ? On vous dit tout dans cet article.

 

La maladie d’Alzheimer, qu’est-ce que c’est ?

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative progressive qui entraîne la destruction progressive de certaines cellules du cerveau. Elle affecte principalement :

  • la mémoire,
  • mais aussi les capacités de raisonnement,
  • le langage,
  • l’orientation et, à terme,
  • l’autonomie de la personne.

Contrairement à une idée reçue, Alzheimer ne touche pas uniquement les personnes très âgées. Même si la majorité des cas apparaît après 65 ans, certaines formes plus rares peuvent survenir plus tôt.

La maladie évolue généralement lentement, parfois sur plusieurs années avant qu’un diagnostic soit posé.

 

Les troubles de la mémoire : le signe le plus connu

Le symptôme le plus fréquent reste la perte de mémoire concernant les événements récents.

La personne oublie régulièrement des informations qu’elle vient d’apprendre, répète plusieurs fois la même question ou raconte plusieurs fois la même histoire sans s’en rendre compte.

Par exemple :

  • oublier un rendez-vous fixé la veille ;
  • demander plusieurs fois la même information ;
  • ne plus se souvenir d’une conversation récente ;
  • perdre régulièrement des objets du quotidien.

En revanche, les souvenirs anciens restent souvent préservés durant les premières années de la maladie.

 

Une difficulté croissante à réaliser certaines tâches habituelles

Un autre signe fréquent concerne les activités quotidiennes.

Une personne atteinte peut rencontrer des difficultés pour effectuer des tâches qu’elle réalisait auparavant sans problème :

  • préparer un repas habituel ;
  • gérer ses comptes bancaires ;
  • utiliser certains appareils du quotidien ;
  • suivre les étapes d’une recette connue.

Ces difficultés ne sont pas liées à un manque d’attention passager mais deviennent progressivement récurrentes.

 

Des problèmes de langage

Les troubles du langage constituent également un signal d’alerte fréquent.

La personne cherche ses mots plus souvent, remplace certains termes par des expressions vagues ou interrompt une phrase sans parvenir à la terminer.

Elle peut également éprouver des difficultés à suivre une conversation ou à comprendre des consignes pourtant simples.

Ces troubles peuvent entraîner un repli progressif sur soi et une diminution des interactions sociales.

Une désorientation dans le temps et dans l’espace

La désorientation est l’un des symptômes les plus caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.

La personne peut :

  • ne plus savoir quel jour nous sommes ;
  • confondre les saisons ;
  • oublier pourquoi elle s’est rendue dans un lieu ;
  • se perdre dans un quartier pourtant familier.

Dans certains cas, des personnes se retrouvent incapables de retrouver leur domicile après une promenade habituelle.

Ces situations doivent conduire à consulter rapidement un professionnel de santé.

Des changements de comportement ou d’humeur

La maladie d’Alzheimer n’affecte pas uniquement la mémoire.

Les proches remarquent parfois des modifications importantes du comportement :

  • irritabilité inhabituelle ;
  • anxiété ;
  • méfiance excessive ;
  • tristesse persistante ;
  • perte de motivation ;
  • repli social.

Une personne auparavant dynamique peut perdre progressivement l’envie de participer à des activités qu’elle appréciait.

Ces changements sont parfois confondus avec une dépression ou les conséquences du vieillissement normal.

Une perte du sens de l’organisation

Certaines personnes rencontrent des difficultés croissantes à organiser leur quotidien.

Elles peinent à planifier des tâches simples, à respecter un ordre logique ou à gérer plusieurs informations simultanément.

Les proches remarquent souvent :

  • des erreurs inhabituelles dans les démarches administratives ;
  • des factures oubliées ;
  • des difficultés à suivre un planning ;
  • une gestion compliquée des finances personnelles.

Des objets rangés dans des endroits inhabituels

Tout le monde égare parfois ses lunettes ou ses clés.

Dans le cadre d’une maladie d’Alzheimer, la personne peut placer des objets dans des endroits totalement inappropriés :

  • les clés dans le réfrigérateur ;
  • le portefeuille dans un placard ;
  • les lunettes dans une boîte à chaussures.

Elle est ensuite incapable de reconstituer le cheminement qui lui permettrait de retrouver l’objet.

 

Comment distinguer vieillissement normal et maladie d’Alzheimer ?

Le vieillissement normal s’accompagne parfois de petits oublis occasionnels.

Une personne peut oublier un nom puis s’en souvenir quelques minutes plus tard. Elle peut chercher ses mots ou oublier ponctuellement un rendez-vous.

La différence essentielle réside dans l’impact sur la vie quotidienne.

Lorsque les oublis deviennent fréquents, qu’ils perturbent l’autonomie ou qu’ils sont signalés par l’entourage, une consultation médicale est recommandée.

 

Quand faut-il consulter ?

Il ne faut pas attendre que les symptômes deviennent sévères.

Un médecin traitant peut réaliser une première évaluation et orienter, si nécessaire, vers :

  • un neurologue ;
  • un gériatre ;
  • une consultation mémoire ;
  • un centre expert des troubles cognitifs.

Le diagnostic repose généralement sur plusieurs éléments :

  • entretien médical ;
  • tests de mémoire ;
  • examens neurologiques ;
  • imagerie cérébrale ;
  • bilan sanguin.

Un diagnostic précoce permet d’organiser la prise en charge et de préserver plus longtemps l’autonomie de la personne concernée.

 

Les proches jouent un rôle essentiel

Dans de nombreux cas, ce sont les proches qui remarquent les premiers changements.

Parce que la maladie s’installe progressivement, la personne concernée ne perçoit pas toujours ses difficultés.

Les familles, amis ou aidants sont souvent les premiers à constater :

  • des oublis répétés ;
  • des changements d’humeur ;
  • des difficultés dans les tâches quotidiennes ;
  • une perte d’autonomie progressive.

Leur vigilance est donc précieuse pour favoriser une prise en charge rapide.

 

Où trouver un spécialiste ou une structure adaptée ?

Si vous recherchez un neurologue, une consultation mémoire, un établissement spécialisé ou une structure d’accompagnement près de chez vous, il est important de pouvoir identifier rapidement les professionnels disponibles sur votre territoire.

Grâce à l’annuaire géolocalisé d’IndexSanté, vous pouvez rechercher des établissements et services de santé partout en France en fonction de votre ville ou de votre code postal.

Cette recherche peut être particulièrement utile pour les familles confrontées à une suspicion de maladie d’Alzheimer ou à la perte d’autonomie d’un proche.

 

En résumé, la maladie d’Alzheimer ne se résume pas à quelques oublis occasionnels. Les signes qui doivent alerter sont avant tout leur répétition, leur aggravation progressive et leur impact sur la vie quotidienne.

Parmi les symptômes les plus fréquents figurent les troubles de la mémoire récente, les difficultés à réaliser certaines tâches habituelles, les problèmes de langage, la désorientation dans le temps ou l’espace et les changements de comportement.

Face à un doute, il est préférable de consulter rapidement. Un diagnostic précoce permet aujourd’hui une meilleure prise en charge et offre aux patients comme à leurs proches davantage de solutions pour anticiper l’évolution de la maladie.

 

 

Sources officielles

 

La santé ne se joue pas uniquement dans les cabinets médicaux ou les hôpitaux. Chaque jour, nos habitudes influencent directement notre bien-être, notre énergie et notre capacité à prévenir certaines maladies. Bien dormir, manger équilibré et rester correctement hydraté font partie des piliers d’une bonne santé.

Pourtant, de nombreuses questions reviennent régulièrement : comment améliorer son sommeil naturellement ? Quels sont les meilleurs aliments anti-inflammatoires ? Combien d’eau faut-il réellement boire chaque jour ?

Voici ce que recommandent les spécialistes.

 

Comment améliorer son sommeil naturellement ?

Près d’un Français sur trois déclare souffrir de troubles du sommeil. Difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, sommeil peu réparateur ou fatigue persistante : ces problèmes peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé physique et mentale.

Le sommeil joue un rôle essentiel dans la récupération du corps, la mémoire, la concentration et le fonctionnement du système immunitaire.

 

Respecter des horaires réguliers

Notre organisme fonctionne selon une horloge biologique interne appelée rythme circadien.

Se coucher et se lever à des heures régulières aide le cerveau à mieux réguler les cycles du sommeil.

Même le week-end, il est conseillé d’éviter les écarts trop importants.

Limiter les écrans avant le coucher

Téléphones, tablettes et ordinateurs diffusent une lumière bleue qui perturbe la sécrétion de mélatonine, l’hormone qui favorise l’endormissement.

Les spécialistes recommandent de réduire l’exposition aux écrans au moins une heure avant de dormir.

Créer un environnement propice au sommeil

Une chambre calme, sombre et légèrement fraîche favorise généralement un meilleur repos.

La température idéale se situe souvent entre 18 et 20°C.

Attention aux excitants

Le café, certaines boissons énergisantes et la nicotine peuvent retarder l’endormissement.

Il est préférable de limiter leur consommation en fin de journée.

Bouger dans la journée

L’activité physique régulière améliore la qualité du sommeil.

Une simple marche quotidienne peut déjà produire des effets bénéfiques.

En revanche, les exercices très intenses juste avant le coucher peuvent parfois avoir l’effet inverse.

Quand consulter ?

Si les troubles du sommeil persistent plusieurs semaines malgré de bonnes habitudes de vie, une consultation médicale peut être utile afin d’identifier une éventuelle pathologie sous-jacente : apnée du sommeil, anxiété, dépression ou syndrome des jambes sans repos par exemple.

 

Les meilleurs aliments anti-inflammatoires

L’inflammation est un mécanisme naturel de défense de l’organisme. Lorsqu’elle devient chronique, elle peut cependant contribuer au développement de nombreuses maladies : diabète, maladies cardiovasculaires, arthrose, certains cancers ou encore troubles métaboliques.

L’alimentation joue un rôle important dans ce phénomène.

Certains aliments sont aujourd’hui reconnus pour leurs propriétés anti-inflammatoires.

Les fruits rouges

Myrtilles, fraises, framboises, mûres ou cassis sont riches en antioxydants qui contribuent à protéger les cellules contre le stress oxydatif.

Les légumes verts

Brocolis, épinards, chou kale, haricots verts ou courgettes apportent fibres, vitamines et composés protecteurs.

Plus l’assiette est colorée, plus elle apporte généralement de nutriments bénéfiques.

Les poissons gras

Saumon, sardines, maquereaux ou harengs sont riches en oméga-3.

Ces acides gras sont associés à une diminution de certains marqueurs inflammatoires.

L’huile d’olive

Au cœur du régime méditerranéen, l’huile d’olive extra vierge contient de nombreux polyphénols reconnus pour leurs effets protecteurs.

Les fruits à coque

Noix, amandes, noisettes et pistaches apportent de bons lipides, des fibres et des minéraux essentiels.

Une petite poignée quotidienne suffit généralement.

Les épices

Le curcuma, le gingembre ou encore la cannelle font l’objet de nombreuses études concernant leurs propriétés anti-inflammatoires potentielles.

Le thé vert

Riche en antioxydants, il figure parmi les boissons les plus étudiées pour ses effets bénéfiques sur la santé.

Les aliments à limiter

À l’inverse, certains produits favorisent l’inflammation lorsqu’ils sont consommés en excès :

  • aliments ultra transformés ;
  • boissons sucrées ;
  • excès de sucres raffinés ;
  • excès d’alcool ;
  • charcuteries et produits industriels riches en additifs.

L’objectif n’est pas d’interdire certains aliments mais de privilégier un équilibre global sur le long terme.

 

Combien d’eau faut-il boire par jour ?

C’est probablement l’une des questions santé les plus posées sur Internet.

La réponse n’est pas aussi simple que le célèbre « 2 litres par jour ».

Les besoins en eau varient selon plusieurs facteurs :

  • l’âge ;
  • le poids ;
  • l’activité physique ;
  • la température extérieure ;
  • l’état de santé général.

Les recommandations générales

Les autorités sanitaires estiment qu’un adulte doit recevoir environ 2 à 2,5 litres d’eau par jour.

Cette quantité comprend à la fois :

  • les boissons ;
  • l’eau naturellement présente dans les aliments (fruits, légumes, soupes, yaourts…).

Dans les faits, boire entre 1,5 et 2 litres d’eau quotidiennement convient à la majorité des adultes en bonne santé.

Les besoins augmentent dans certaines situations

Il est souvent nécessaire de boire davantage :

  • en période de canicule ;
  • lors d’une activité sportive ;
  • pendant une grossesse ;
  • en cas de fièvre ;
  • chez les personnes âgées particulièrement exposées au risque de déshydratation.

Comment savoir si l’on boit suffisamment ?

La sensation de soif reste un indicateur utile mais elle peut être moins efficace chez certaines personnes, notamment les seniors.

Une urine très foncée ou une fatigue inhabituelle peuvent parfois être des signes d’une hydratation insuffisante.

Toutes les boissons se valent-elles ?

L’eau reste la boisson de référence.

Les tisanes, les soupes ou certaines eaux aromatisées sans sucre peuvent également contribuer à l’hydratation.

Les boissons sucrées doivent en revanche rester occasionnelles.

 

Trois habitudes simples pour préserver sa santé

Bien dormir, adopter une alimentation variée et rester hydraté sont des gestes accessibles à tous qui participent à la prévention de nombreuses maladies.

Ces habitudes ne remplacent évidemment pas un suivi médical lorsqu’il est nécessaire, mais elles constituent une base solide pour préserver sa santé au quotidien.

Les professionnels de santé rappellent régulièrement qu’il n’existe pas de solution miracle. Ce sont souvent les petits gestes répétés jour après jour qui produisent les bénéfices les plus durables.

 

Améliorer son sommeil naturellement passe par des horaires réguliers, moins d’écrans le soir et une activité physique adaptée. Une alimentation riche en fruits, légumes, poissons gras, huile d’olive et fruits à coque contribue à limiter l’inflammation chronique. Enfin, une hydratation suffisante, généralement comprise entre 1,5 et 2 litres de boissons par jour chez l’adulte, participe au bon fonctionnement de l’organisme.

 

 

Vous recherchez des conseils pour mieux dormir, adopter une alimentation anti-inflammatoire ou savoir combien d’eau boire chaque jour ? Ces trois habitudes jouent un rôle essentiel dans la prévention et le maintien d’une bonne santé. En cas de troubles persistants du sommeil, de questions nutritionnelles ou de besoins spécifiques liés à votre état de santé, vous pouvez trouver un médecin, un nutritionniste, un diététicien ou un établissement de santé près de chez vous grâce à l’annuaire IndexSanté, partout en France : Paris, Bordeaux, Lyon, Marseille, Toulouse, Nantes, Lille, Nice, Strasbourg, Rennes et toutes les autres communes.

 

Sources officielles

Un remède miracle contre le cancer, une vidéo TikTok affirmant que les vaccins sont dangereux, un influenceur qui conseille d’abandonner un traitement médical au profit d’une méthode « naturelle » : chaque jour, des millions de contenus liés à la santé circulent sur les réseaux sociaux.

Si Internet a considérablement facilité l’accès à l’information médicale, il a également ouvert la porte à une diffusion massive de fausses informations. Ce phénomène, appelé désinformation médicale, est aujourd’hui considéré comme un véritable enjeu de santé publique.

Les jeunes générations sont particulièrement concernées. Habitués à s’informer sur TikTok, Instagram, YouTube ou Snapchat, les adolescents et les jeunes adultes sont exposés quotidiennement à des contenus santé dont la fiabilité est parfois difficile à vérifier.

Comment distinguer une information médicale fiable d’une fake news ? Pourquoi les jeunes sont-ils plus vulnérables à la désinformation ? Quels risques cela représente-t-il pour leur santé ? On vous en dit plus dans cet article.

 

La désinformation médicale, un phénomène en forte progression

La désinformation médicale désigne la diffusion d’informations fausses, trompeuses ou non vérifiées concernant la santé, les maladies, les traitements ou la prévention.

Contrairement à une erreur involontaire, certaines fake news sont créées volontairement pour attirer l’attention, générer de l’audience ou promouvoir des intérêts commerciaux.

Avec les réseaux sociaux, une information erronée peut désormais faire le tour du monde en quelques heures.

La pandémie de Covid-19 a marqué un tournant majeur. Les autorités sanitaires ont observé une explosion des contenus trompeurs concernant les vaccins, les traitements alternatifs ou encore les mesures de prévention.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a même créé un terme spécifique pour décrire cette situation : « l‘infodémie« , c’est-à-dire une surabondance d’informations, vraies et fausses, qui rend difficile l’identification des sources fiables.

 

Pourquoi les jeunes sont-ils particulièrement exposés ?

Les adolescents et les jeunes adultes utilisent massivement les réseaux sociaux comme source d’information.

Selon plusieurs études récentes, une partie importante des moins de 25 ans déclare s’informer principalement via les plateformes numériques plutôt que par les médias traditionnels.

Or, les algorithmes privilégient souvent les contenus les plus engageants, émotionnels ou spectaculaires.

Une vidéo affirmant qu’un simple jus de légumes peut guérir une maladie grave attire souvent davantage de clics qu’une explication scientifique nuancée réalisée par un médecin.

Les jeunes évoluent ainsi dans un environnement où les frontières entre expertise, témoignage personnel, publicité déguisée et information scientifique deviennent parfois floues.

 

Les fake news santé les plus fréquentes

Certaines fausses informations reviennent régulièrement.

Parmi les plus répandues figurent :

  • les prétendus traitements miracles contre le cancer ;
  • les fausses informations sur les vaccins ;
  • les régimes alimentaires extrêmes présentés comme universels ;
  • les conseils de santé sans validation scientifique ;
  • les théories complotistes concernant l’industrie pharmaceutique ;
  • les produits « détox » censés éliminer toutes les toxines ;
  • les remèdes naturels présentés comme substituts à des traitements médicaux.

Le problème n’est pas l’intérêt pour les médecines complémentaires ou le bien-être, mais le fait que certains contenus encouragent parfois les internautes à abandonner des traitements reconnus ou à retarder une consultation médicale.

 

Comment reconnaître une information médicale fiable ?

Face à la multiplication des contenus santé, quelques réflexes simples permettent d’évaluer la crédibilité d’une information.

Vérifier la source

La première question à se poser est simple : qui parle ?

Un médecin, un chercheur, un établissement hospitalier ou une institution de santé publique offrent généralement davantage de garanties qu’un influenceur sans formation médicale.

Une information publiée par un CHU, l’Assurance Maladie, l’Inserm ou Santé publique France mérite naturellement davantage de confiance.

Se méfier des promesses miraculeuses

En médecine, les solutions simples à des problèmes complexes sont rares.

Les phrases du type :

  • « guérit en 7 jours » ;
  • « médecine cachée par les laboratoires » ;
  • « remède que les médecins refusent de révéler » ;
  • « 100 % efficace » ;

doivent immédiatement éveiller la vigilance.

Vérifier la date

La médecine évolue constamment.

Une information exacte il y a dix ans peut être dépassée aujourd’hui.

Il est donc important de vérifier la date de publication et de privilégier les contenus récents.

Croiser plusieurs sources

Une information fiable est généralement confirmée par plusieurs sources reconnues.

Lorsqu’une affirmation spectaculaire n’apparaît que sur un seul site ou une seule vidéo, la prudence s’impose.

Les conséquences réelles de la désinformation médicale

La désinformation n’est pas seulement un problème théorique.

Elle peut avoir des conséquences concrètes sur la santé.

Certaines personnes retardent un diagnostic parce qu’elles pensent pouvoir se soigner seules.

D’autres interrompent un traitement prescrit après avoir lu des informations alarmistes sur Internet.

Chez les jeunes, les fake news peuvent également influencer :

  • la santé mentale ;
  • l’image corporelle ;
  • les comportements alimentaires ;
  • la vaccination ;
  • la prévention des maladies sexuellement transmissibles ;
  • le recours aux soins.

Les professionnels de santé constatent régulièrement l’impact de contenus viraux diffusés sur les réseaux sociaux.

 

TikTok, Instagram et YouTube : faut-il s’en méfier ?

Les réseaux sociaux ne sont pas intrinsèquement mauvais.

De nombreux médecins, infirmiers, psychologues ou chercheurs y diffusent aujourd’hui des contenus pédagogiques de qualité.

Le problème réside davantage dans la capacité à distinguer les sources fiables des contenus trompeurs.

Une vidéo vue plusieurs millions de fois n’est pas forcément exacte.

Le nombre d’abonnés ou de « likes » ne constitue jamais une preuve scientifique.

L’esprit critique reste la meilleure protection.

 

Le rôle essentiel de l’éducation à la santé

Face à cette nouvelle réalité numérique, les spécialistes insistent sur l’importance de développer les compétences en éducation à la santé dès le plus jeune âge.

Apprendre à vérifier une source, comprendre comment fonctionne une étude scientifique ou identifier un conflit d’intérêts devient aujourd’hui aussi important que savoir rechercher une information sur Internet.

Parents, enseignants et professionnels de santé ont un rôle majeur à jouer pour accompagner les jeunes dans cette démarche.

 

Comment vérifier rapidement une information santé ?

Avant de partager une publication ou d’appliquer un conseil médical trouvé en ligne, posez-vous ces cinq questions :

  1. Qui est l’auteur du contenu ?
  2. Quelle est sa formation ou son expertise ?
  3. L’information est-elle reprise par des organismes de santé reconnus ?
  4. Existe-t-il des sources scientifiques citées ?
  5. Cette publication cherche-t-elle à vendre un produit ou à provoquer une réaction émotionnelle ?

Si une réponse vous paraît douteuse, mieux vaut approfondir vos recherches ou demander conseil à un professionnel de santé.

 

Où trouver des informations médicales fiables ?

Aujourd’hui, de nombreuses ressources permettent d’obtenir des informations validées scientifiquement.

Les sites des institutions publiques, des centres hospitaliers universitaires, des organismes de recherche et des associations de patients constituent des références solides.

En cas de doute sur un symptôme, un traitement ou une maladie, rien ne remplace l’avis d’un professionnel de santé.

Pour trouver rapidement un médecin, un établissement de santé ou une structure spécialisée près de chez vous, l’annuaire IndexSanté permet également d’effectuer une recherche géolocalisée partout en France.

 

La désinformation médicale est devenue un défi majeur à l’ère des réseaux sociaux. Les jeunes sont particulièrement exposés aux fake news santé diffusées sur TikTok, Instagram ou YouTube. Pour éviter les erreurs, il est essentiel de vérifier les sources, de croiser les informations et de privilégier les contenus issus d’organismes de santé reconnus. Développer l’esprit critique et l’éducation à la santé apparaît aujourd’hui comme l’un des meilleurs moyens de lutter contre la propagation des fausses informations médicales.

 

Focus : 10 fake news santé qui circulent encore en 2026

Malgré les campagnes de sensibilisation menées par les autorités sanitaires, certaines idées reçues continuent de circuler massivement sur les réseaux sociaux. Voici dix fake news santé que les professionnels de santé rencontrent encore régulièrement.

  1. « Les vaccins provoquent l’autisme »

C’est l’une des fake news médicales les plus connues. Cette affirmation provient d’une étude publiée en 1998 puis retirée pour fraude scientifique. Depuis, de très nombreuses études internationales ont démontré qu’il n’existe aucun lien entre vaccination et autisme.

  1. « Le citron ou le bicarbonate guérissent le cancer »

Le citron, le bicarbonate ou certains aliments peuvent s’intégrer à une alimentation équilibrée, mais aucun ne permet de guérir un cancer. Les traitements validés restent la chirurgie, la radiothérapie, l’immunothérapie et les traitements médicamenteux prescrits par les équipes médicales.

  1. « Les produits détox nettoient l’organisme »

Le corps humain possède déjà ses propres systèmes de détoxification : le foie, les reins, les poumons et la peau. Aucun jus, thé ou complément alimentaire n’a démontré sa capacité à éliminer miraculeusement les toxines.

  1. « Plus un produit est naturel, plus il est sans danger »

Naturel ne signifie pas inoffensif. Certaines plantes peuvent provoquer des effets secondaires importants ou interagir avec des traitements médicaux. Même les compléments alimentaires doivent être utilisés avec prudence.

  1. « Les antibiotiques soignent les virus »

Les antibiotiques sont efficaces contre certaines bactéries, mais ils sont inutiles contre les virus responsables par exemple de la grippe, du rhume ou de nombreuses gastro-entérites.

  1. « Les écrans rendent systématiquement aveugle »

L’usage excessif des écrans peut provoquer fatigue visuelle, troubles du sommeil ou maux de tête, mais il ne rend pas aveugle. En revanche, il peut avoir des conséquences sur la santé mentale, la concentration et le sommeil lorsqu’il devient excessif.

  1. « Boire beaucoup d’eau fait perdre du poids »

L’hydratation est indispensable à la santé, mais boire plusieurs litres d’eau par jour ne fait pas fondre les kilos. La perte de poids repose principalement sur l’alimentation, l’activité physique et le mode de vie global.

  1. « Les réseaux sociaux remplacent l’avis d’un médecin »

Un témoignage, même sincère, ne remplace jamais un diagnostic médical. Deux personnes présentant les mêmes symptômes peuvent souffrir de maladies totalement différentes.

  1. « Les maladies mentales sont uniquement liées à un manque de volonté »

Dépression, bipolarité, troubles anxieux ou schizophrénie sont des maladies reconnues par la médecine. Elles nécessitent souvent un accompagnement médical, psychologique ou psychiatrique adapté.

  1. « Une vidéo virale est forcément fiable »

Le nombre de vues, de partages ou d’abonnés n’est pas un critère scientifique. Certaines vidéos très populaires contiennent des informations erronées ou trompeuses. Avant de croire ou de partager un contenu santé, il est essentiel de vérifier ses sources.

Le bon réflexe

Si une information santé vous semble spectaculaire, choquante ou trop belle pour être vraie, prenez quelques minutes pour la vérifier auprès de sources reconnues ou d’un professionnel de santé. En matière de santé, l’esprit critique est souvent le meilleur traitement préventif.

 

 

 

Sources officielles

Longtemps méconnue, souvent caricaturée, la bipolarité reste une maladie entourée de nombreux préjugés. Derrière ce trouble de l’humeur se cachent pourtant des parcours de vie complexes, faits de souffrance, de résilience, de périodes d’euphorie intense mais aussi de profond désespoir.

À 51 ans, cette femme passionnée d’écriture, de lecture et de loisirs créatifs a accepté de raconter son histoire sans filtre. Des premiers symptômes apparus dès l’enfance aux années d’errance diagnostique, des épisodes maniaques aux phases dépressives, elle livre un témoignage rare, sincère et bouleversant sur ce que signifie vivre avec un trouble bipolaire au quotidien.

Au fil de cet entretien, elle revient sur les difficultés rencontrées, l’impact de la maladie sur sa vie personnelle et professionnelle, le rôle essentiel de ses proches, mais aussi sur l’espoir qu’il est possible de retrouver malgré les épreuves. Un récit précieux qui rappelle une réalité souvent oubliée : la bipolarité n’est ni un trait de caractère ni un manque de volonté, mais une maladie qui mérite d’être comprise, reconnue et accompagnée.

Témoignage.

 

Présentez-vous en quelques mots

« N. J’aime l’écriture, la lecture, les loisirs créatifs, les rencontres. J’ai 51 ans et je suis mère d’une fille de 27 ans. Sans emploi actuellement.»

 

Le diagnostic

Quand avez-vous commencé à sentir que quelque chose n’allait pas ?

« J’ai ressenti très tôt que quelque chose n’allait pas. Enfant déjà, j’avais des douleurs abdominales inexpliquées par le corps médical, de terribles angoisses pour les choses les plus anodines, parfois j’étais heureuse, parfois je piquais des colères monumentales. On disait que j’étais folle, lunatique. »

  • Quels ont été les premiers signes qui vous ont alertée ?

« J’ai fait plusieurs dépressions à l’âge jeune adulte (à partir de 20 ans), avec hospitalisations. Mais je ne dirais pas que cela m’a alertée. Pas sur cette maladie du moins. Je ne me posais pas de questions, j’allais mal et c’est tout. Je ne connaissais pas cette pathologie, je n’ai donc pas fait le lien à ce moment-là. C’est ce qui est difficile avec la bipolarité car elle est méconnue et se diagnostiquait dans le temps. Aujourd’hui, des questionnaires permettent un diagnostic plus rapide. A mon époque, il fallait plusieurs années d’observation. »

  • Combien de temps s’est écoulé entre les premiers symptômes et le diagnostic ?

«  C’est difficile à dire mais je dirai au moins 8 ans. C’est le laps de temps entre ma première dépression et le diagnostic. »

  • Comment avez-vous réagi lorsque le diagnostic de trouble bipolaire a été posé ?

«  J’ai été soulagée. Depuis des années j’allais mal, j’avais des hauts et des bas. Je n’arrivais pas à entretenir des relations (amicales ou amoureuses) de qualité et sur le long terme. Parfois j’allais très bien et j’avais plein d’amis. Mais ça ne durait pas. Alors quand j’ai su que je souffrais de cette maladie, ça a été un soulagement. Je me suis renseignée, j’ai étudié mon parcours de vie et les portes de la compréhension se sont ouvertes. J’ai ainsi (avec beaucoup de travail et de temps) pu mener une vie satisfaisante malgré les phases. »

 

La vie avec la maladie

  • Comment expliqueriez-vous la bipolarité à quelqu’un qui ne connaît pas cette maladie ?

«  C’est une maladie dont les causes sont inconnues aujourd’hui. Plusieurs facteurs entrent en compte :  la biologie (une vulnérabilité génétique inscrite dans l’ADN des neurones), la psychologie (notamment la capacité à faire face), l’environnement familial, l’hérédité et enfin les évènements de la vie (une personne ayant les pires conditions précédemment citées peut ne jamais déclarer la maladie si elle ne subit pas un évènement traumatique déclencheur). 

Elle se traduit par un déséquilibre des fonctions de contrôle des neurotransmetteurs qui permettent de stabiliser l’humeur. Je fais cette petite explication car il est important de savoir qu’une personne atteinte de bipolarité ne peut pas ne plus être bipolaire, ce n’est pas une question de volonté, c’est comme si on demandait à un diabétique de ne plus être diabétique. Pour faire simple, une personne souffrant de cette pathologie passera d’une profonde dépression à un état euphorique intense entrecoupés de phase de rémission. »

  • À quoi ressemble une journée « normale » pour vous aujourd’hui ?

«  Le premier geste de la journée est de prendre mon traitement. Mais qu’est-ce que la normalité dans ce contexte ? Une journée « normale » de dépression ? De manie ? De phase neutre ? Je ne peux pas répondre à cette question car je n’en connais pas. »

  • Quels sont les symptômes les plus difficiles à vivre au quotidien ?

«  Les symptômes, comme les phases, fluctuent. Je vais donc aborder les différents symptômes en fonction du DOWN (dépression) et du UP (manie).

Le plus difficile est bien entendu lors des phases DOWN. Je ressens un profond désespoir. Ce n’est pas un sentiment de tristesse, ce terme est trop faible pour décrire ce sentiment. C’est une dépression qui nous empêche de voir un avenir, on est focus sur la douleur, psychique et physique. Parce que oui, la dépression est aussi une souffrance physique avec des maux de dos, de ventre, de tête. Je souffre de phobies (entre autres de phobie sociale), je suis anxieuse. Je suis ralentie. Je n’ai aucun entrain même si je le voudrais. Et surtout, je ne vois aucune issue. La seule que je vois, c’est souvent la mort.

Lors des UP, je suis parfois irritable et colérique, je me sens incomprise. Mon entourage, qui est bien renseigné, tente de me donner l’alerte mais pour moi il essaie de m’entraver. Je me dis alors qu’il préfère que j’aille mal. Et même en dehors des proches, cela altère mes relations sociales. Les symptômes les plus néfastes sont les pertes cognitives. Tant que l’hypomanie n’est pas trop intense, je suis inventive, j’abats une charge de travail importante. Mais quand l’hypomanie se traduit en manie, apparaissent des troubles de la concentration, de la mémoire, d’organisation. Tout cela altère ma vie professionnelle et mes projets. »

  • Y a-t-il des signes qui vous permettent aujourd’hui d’anticiper une phase maniaque ou dépressive ?

« La phase dépressive, pour ma part, va de pair avec la fatigue. C’est mon premier « alerteur ». Quand je commence à être fatiguée, à rencontrer des difficultés à me lever, c’est le signe que je descends. Je dois donc être vigilante au reste des symptômes.

Quant mon cerveau commence à tourner à toute allure, qu’il est bombardé de mille pensées à la minute, que je fais des projets à foison, c’est que je suis en UP. »

  • La maladie a-t-elle changé votre perception de vous-même ?

«  C’est une question difficile. C’est une maladie honteuse. Mais je ne me définis pas par elle. Ce qui a changé ma perception de moi-même c’est plutôt le traitement. Je m’explique : sans traitement, je vis des DOWN et de UP, je suis Moi, brute de décoffrage et c’est comme ça que je m’aime. Avec le traitement, les phases, même si elles sont toujours présentes et ne pourront jamais disparaître, sont atténuées et je vis une vie que le corps médical qualifie de « satisfaisante ». Et c’est là que ma perception de moi-même est changée : je suis un moi inférieur, sans intérêt. Je vis une vie qui manque de saveur. J’ai du faire le deuil de mon « moi d’avant ». »

Les épisodes maniaques

  • Comment vivez-vous les phases d’euphorie ou d’excitation ?

« Quel délice ! Il faut en vivre une pour le comprendre. En UP, tout devient possible, il n’y a aucune limite. On redouble de créativité, on abat une somme de travail faramineuse, on a besoin de moins de sommeil donc on a une vie bien remplie, productive. On est invincible, optimiste, tout va bien. »

  • Pendant ces périodes, avez-vous conscience que quelque chose est en train de se passer ?

« Avant je n’en n’avais pas conscience. C’est assez récent en fait. Comme je l’ai dit plus haut, on ne se pose pas de question quand on vit une phase ou une autre ; en DOWN on est trop mal et on se fout de savoir pourquoi, on a mal un point c’est tout. En UP, tout va bien, on ne veut pas que ça s’arrête alors on ne se pose pas la question non plus, on profite. On a même parfois l’impression d’être guérie. »

  • Quels comportements adoptez-vous généralement lors d’une phase maniaque

« Le bipolaire est très attrayant prenant ces périodes et attire, il fait bien le dire, des personnes pas très fréquentables et peu respectueux. Et durant ces périodes la libido est à son paroxysme. On est amoureux de tout le monde et on a des comportements de séduction. Les infidélités y sont fréquentes aussi. Depuis que je suis avec mon mari je suis sous traitement donc je n’ai pas souffert de ça mais auparavant, si et c’est l’une des hontes dont je parlais qu’on ressent quand on sort de cette transe.

Je dépense à outrance. Par exemple, un jour je me suis dit qu’il serait bien de préparer ma retraite (projet raisonnable) et donc j’ai décidé d’acheter un appartement locatif. Jusque là tout va bien. J’entreprends les démarches. Le jour de la signature à l’agence immobilière, l’agent me parle d’un autre appart. Il propose de me le faire visiter. A peine avais-je mis le pied dedans que je faisais une offre d’achat. Mais une phase UP ne dure pas et ensuite on reprend pied avec la réalité. Et là, quand on apprend ce qu’on a fait, on a honte. Souvent ce sont d’ailleurs les proches qui nous racontent car on ne se souvient pas de tout. Quand je suis redescendue, j’ai eu honte de cet achat et je n’ai pas su m’en dépêtrer. J’ai perdu beaucoup d’argent.

Un autre jour, je suis allée au garage pour faire une réparation bénigne à ma voiture, je suis sortie avec une autre voiture.

Le danger n’existe pas et je prends beaucoup de risques, notamment en voiture. Je suis invincible !

Je dors peu, je travaille beaucoup.

J’ai une intelligence créative : j’ai écrit un livre en 4 mois, j’ai appris à dessiner alors qu’aujourd’hui je suis incapable de faire un bonhomme.

J’ai besoin de voir du monde. Je parle beaucoup et vite. »

  • Avec le recul, quels souvenirs gardez-vous de ces épisodes ?

« J’ai toujours de bons souvenirs de ces épisodes, j’en éprouve une grande nostalgie. »

  • Certaines décisions prises durant ces périodes ont-elles entraîné des conséquences importantes sur votre vie ?

« Hormis les dépenses citées plus haut, ce sont mes relations amoureuses qui ont eu le plus de conséquences. Durant ces périodes, je ne cherche que des personnes toxiques (je ne sais pas pourquoi), en tout cas, je les attire. J’ai donc côtoyé des mauvaises personnes. Je me suis aussi mariée 6 mois après ma rencontre avec mon ex-mari. Même si c’est une bonne personne, j’ai divorcé au bout de 4 ans. »

Les épisodes dépressifs

  • Comment décririez-vous une phase dépressive à quelqu’un qui ne l’a jamais vécue ?

«  Prenez le pire jour de votre vie et multipliez par mille. Associez tous les sentiments « cœur » : (les angoisses, le désespoir, la mésestime de soi, irritabilité, pleurs inexpliqués) aux symptômes physiques (fatigue, troubles du sommeil, douleurs) multipliez encore et encore et vous flirterez avec ce que je peux ressentir. Ajoutez à cela la partie « saine » de mon cerveau qui voit tout cela et en a honte et vous obtiendrez une vie infernale. »

  • Quel est l’aspect le plus difficile de ces périodes ?

« Tout est difficile car tout est décuplé, tout est imbriqué. Mais si je devais sortir une chose, ce serait le manque d’espoir d’aller mieux, voire la conviction que c’est impossible. »

  • Comment trouvez-vous la force de traverser ces moments ?

« Aujourd’hui, avec ma famille et mes amis qui sont « rodés ». Ils sont tous informés, à divers degrés, et sont d’un grand soutien.

Avant mon mari, j’étais hospitalisée tous les 3 ans en moyenne. Nous sommes ensemble depuis 12 ans et je n’ai été hospitalisée qu’une seule fois. Il s’est renseigné, il sait voir les symptômes. Souvent il sait qu’une phase arrive avant moi. Il est soutenant, il ne juge pas et il m’aide au quotidien.

Mes amis, que j’ai maintenant depuis de nombreuses années, ont connu la « moi d’avant » et la « moi de maintenant » et sont restés. Ceux qui sont partis n’étaient pas les bons. Ils ne me font pas la morale car ils savent que ce n’est pas de ma volonté. Ils prennent des nouvelles mais savent ne pas insister sans se vexer. »

  • Que peuvent faire les proches pour aider concrètement ?

« Tout d’abord ne pas juger, ne pas avoir le genre de discours : « bouge-toi un peu ! ». C’est inutile et destructeur. Je dis souvent à mes proches que je ne leur demande pas de comprendre car je pense que sans le vivre, on ne peut pas le comprendre. Je leur demande d’accepter. Ils peuvent aussi, s’ils sont bien renseignés, alerter avec bienveillance. Puis aider au quotidien dans les tâches de tous les jours. Valoriser ce qui est fait. Le fait même de se lever le matin est une terrible épreuve alors si on se lève, qu’on arrive à se laver et à rester suffisamment éveillé pour accomplir quelques tâches, c’est comme grimper une montagne et ça mérite de la reconnaissance.

Quelques exemples de ce qui peut être dit (et pensé) :

– Je ne sais pas ce que tu ressens mais je sais que tu souffres.

– Si tu as besoin de moi, je suis là.

– Veux-tu que je t’appelle ou préfères-tu être seule ?

– Fais ce que tu peux, demain tu feras peut-être plus.

– Il y a une fin, ce n’est qu’un tunnel, ça va passer et je suis là pour t’y aider.

– Je t’aime.

– Ca a l’air d’aller mieux aujourd’hui.

– Félicitations ! Tu peux être fière d’avoir fait tout ça.

– Tu n’es pas responsable.

– Tu peux compter sur moi comme je sais que je peux compter sur toi si un jour j’en ai besoin.

Et sourire ! Le sourire est un vrai remède. Personne n’a envie de voir son propre désespoir dans les yeux des autres. »

 

Les proches et le regard des autres

  • Comment votre entourage a-t-il réagi à l’annonce de votre maladie ?

«  J’ai été diagnostiquée par une enquête familiale après le diagnostic de ma grand-mère. Ma mère a été soulagée, comme moi et pour les mêmes raisons : je n’étais pas folle, je n’avais pas mauvais caractère, j’étais souffrante. Mon père n’a jamais réagi. Ma fille était petite, elle ne se rendait pas compte. Je n’ai pas parlé de ma maladie au reste de mon entourage à ce moment-là. Je l’ai évoqué bien des années après.

Les réactions ont été diverses : certains ont pris leurs jambes à leur cou, d’autres se sont moqués et enfin ceux qui restent ont été ceux qui été les plus curieux : ils demandaient à savoir et c’est ainsi qu’ils sont restés. »

  • Avez-vous déjà été confrontée à des préjugés ou à l’incompréhension ?

«  Oh oui ! J’en parle peu avant que les gens me connaissent mieux. Sauf quand je n’ai pas d’enjeu et que « je le sens ». Mais dans le cadre professionnel par exemple, j’ai vu des patrons changer d’attitude envers moi. Ils baissaient les yeux quand je disais quelque chose de loufoque par exemple, ils avaient le genre du discours qui dit « oui, enfin pour toi c’est normal vu ta maladie ». Ou alors j’ai connu l’inverse : ceux qui ne croient pas que cette maladie existe et qu’il suffit de se remuer. La preuve : les phases de rémission et les UP. »

  • Qu’aimeriez-vous que le grand public comprenne mieux sur la bipolarité ?

« Qu’on n’en est pas responsable. Que c’est une maladie et pas un trait de caractère : on n’est pas fous, on n’est pas versatiles. »

  • Les relations amicales ou amoureuses sont-elles plus compliquées à gérer avec cette maladie ?

« Oui, bien sûr. Comme je l’ai dit, lors des UP mes relations ne sont pas de qualité et généralement ne tiennent pas dans le temps. Mais vu que c’est dans ces phases que je suis la plus attirante, je ne comprenais pas que les gens partaient quand la phase DOWN arrivait. Les personnes qui restent ont appris et acceptent même si c’est difficile. »

  • Comment vos proches repèrent-ils aujourd’hui les signes d’une crise ?

« Pour les phases DOWN, mon mari se réfère à mon sommeil et mon manque d’entrain. Il dit aussi que je suis comme « absente » : il me parle mais n’a pas l’impression d’avoir quelqu’un en face.

Pour les UP, il le voyait au compte en banque : je dépensais beaucoup. Mais c’est un aspect que j’arrive à mieux maitriser. C’est surtout ma surexcitation et le cumul des activités.

Avec le traitement, il trouve que les UP sont mieux régulés que les DOWN. »

 

Le travail et la vie sociale

  • La bipolarité a-t-elle eu un impact sur votre parcours professionnel ?

« Malheureusement oui, aujourd’hui je ne travaille plus à cause de ça. Après 10 ans de traitement, ma maladie, que j’arrivais à gérer, s’est dégradée et est devenue imprévisible. Il y a plusieurs bipolarités, pour la mienne, il faut savoir qu’elle a une régularité qui permet de s’adapter : UP, DOWN, rémission et rebelotte. Les phases peuvent être de diverses périodes mais toujours dans ce sens. Ma maladie suivait la saisonnalité : UP en été, Down à l’automne. Puis les phases ont commencé à s’enchaîner sans que les signes précurseurs ne se manifestent. Je ne pouvais plus gérer. Le thermorégulateur (qui régule l’humeur) ne faisait plus effet. Il a fallu éliminer tous les facteurs variables ou de stress pour réussir à revenir à quelque chose de stable et le travail a été le fusible éjectable. Je m’investissais beaucoup dans mon travail, trop au goût de mon médecin. J’ai été à la limite du burn-out en 2020 et j’ai fait un bore-out en 2024, quand on m’a déclarée en invalidité. »

  • Avez-vous déjà caché votre maladie dans votre environnement de travail ?

« Oui, après des stigmatisations j’ai eu des réticences à en parler. Généralement j’en parlais à mon chef direct, avec des réactions plus ou moins adéquates, mais seulement après avoir fait mes preuves professionnelles. Quant à mes collègues, très peu sont au courant. Je travaillais dans un milieu concurrentiel et tout signe de faiblesse était utilisé à vos dépens. »

  • Est-il facile de parler de bipolarité à un employeur ou à des collègues ?

« Non, ce n’est pas facile. Car il faut expliquer et on a souvent l’impression de se justifier. Or, demanderiez-vous à un diabétique de se justifier ? Et puis, vous avez toujours peur non seulement de la réaction première mais aussi de la manière dont on va vous traiter ensuite. Tous les cas de figure sont possibles. On vit avec une épée de Damoclès sur la tête. »

  • Quels aménagements pourraient aider davantage les personnes concernées ?

« Je pense que si j’avais pu aménager mes horaires, j’aurais pu mieux gérer certaines étapes. En UP on amasse une charge de travail importante et en DOWN, beaucoup moins. J’ai connu des métiers où les horaires étaient lissés sur plusieurs semaines du temps des 39h. Par exemple, on pouvait faire 20h une semaine puis 35 une autre etc. Mais les 35h ont rendu ces pratiques interdites. C’est dommage. Le télétravail peut aussi être intéressant mais aussi dangereux en phase DOWN : on peut alors ne pas travailler mais ça évite la fatigue des transports et de la vie sociale qu’il est compliqué de gérer dans ces périodes. »

Les soins et l’accompagnement

  • Quel rôle ont joué les médecins et les professionnels de santé dans votre parcours ?

«  Le premier psychiatre que j’ai vu m’a donné du lithium en thermorégulateur. Je le supportais mal : j’étais dans un brouillard toute la matinée. Quand je lui en ai parlé, il m’a dit « Mais Madame, les gens qui souffrent de cette maladie ne travaillent pas ». J’ai arrêté de le voir et de prendre des médicaments. C’était il y a 20 ans. Il en fallu 8 de plus avant que je sois prise en charge de manière satisfaisante. Ce qui a été salvateur c’est l’hospitalisation dans une clinique privée. Malheureusement, les hôpitaux publics ne font que garderie dans les phases DOWN. La clinique qui m’a accueillie avait pour vocation de trouver un traitement. J’y suis restée 3 mois, et encore, j’en suis sortie car j’ai eu un cancer. Le but était de tester les traitements et de vérifier H24 l’efficacité. Quand on ne voit un psy que tous les mois, on ne peut pas être aussi efficace que ça.

La psychothérapie est importante aussi. Les psychiatres délivrent les traitements mais n’ont pas pour vocation d’écouter de longs discours sur les états d’âme ni aider à trouver des parades ou des comportements adaptés.

Ce qui devrait être proposé aussi à tous les malades et leurs proches, c’est la psychoéducation : connaitre sa maladie, faire son parcours de vie, identifier les facteurs aggravants, les symptômes etc. »

  • Avez-vous trouvé facilement un accompagnement adapté ?

«  Pas du tout. Les psychiatres sont rares. J’ai dû prendre le seul de toute ma région. Il a tellement de patients qu’il n’accorde que 5 minutes à ses patients, 15 max. Ce ne peut pas être un bon suivi. Souvent, c’est moi qui lui dictais le traitement. J’ai attendu 12 ans avant de trouver un autre psychiatre, avec l’aide de ma psychothérapeute. »

  • Quels traitements ou approches vous aident le plus aujourd’hui ?

«  Ce qui m’aide le plus c’est la confiance que j’ai en ma nouvelle psychiatre qui cherche vraiment à adapter le traitement et a conscience que s’il est adapté à une période, il peut ne pas l’être la semaine suivante. Elle reste joignable et me demande toujours de lui faire un retour SMS quand on change quelque chose. »

  • Comment gérez-vous l’équilibre entre traitement, vie personnelle et autonomie ?

«  Assez facilement. Je suis suivie et traitée depuis 12 ans maintenant et prendre mes médicaments est un automatisme. »

L’espoir et les messages positifs

  • Qu’est-ce que la maladie vous a appris sur vous-même ?

«  La résilience ! Quand on vous lâche une bombe pareille, il faut avoir une certaine résilience pour y faire face et l’affronter. Maintenant que je ne travaille plus, je peux mieux vivre avec : quand je suis fatiguée je peux me reposer, quand je suis en UP, je peux faire tout ce qui me fait plaisir. »

  • Aujourd’hui, comment définiriez-vous votre qualité de vie ?

«  Je regrette de ne plus être utile à la société par le travail. Je suis à la recherche de bénévolat car je ne m’imagine pas passer le reste de ma vie aux crochets de la société sans rendre. Avec mon entourage, des habitudes saines et une routine, ma vie est satisfaisante. Pour autant, je suis à chaque instant nostalgique de mon « moi d’avant ».

  • Quels sont vos projets ou vos rêves pour l’avenir ?

«  Je n’en ai pas. Vivre avec cette maladie m’a appris à vivre au jour le jour. Oui, ça parait être une phrase toute faite et pourtant ! Si je fais des projets en phase UP, je sais qu’ils seront rarement terminés voire entamés car après le UP vient le DOWN. Et en DOWN, on ne fait pas de projet. Je rêve juste d’être en paix, de ne plus avoir à retourner un jour dans un hôpital. C’est pour moi une vraie punition. »

  • Quel message aimeriez-vous transmettre à une personne qui vient d’être diagnostiquée ?

«  On peut vivre avec et on peut être heureux. Ça demande du travail et de l’investissement mais ça vaut le coup. »

  • Et quel message souhaiteriez-vous adresser aux familles et aux proches ?

«  Indulgence, acceptation, bienveillance, soutien. »

 

Si vous pouviez parler à la personne que vous étiez juste avant votre diagnostic, que lui diriez-vous ?

« Tu n’es ni folle ni versatile, tu es juste malade. »

 

A titre personnel je tiens à rajouter quelque chose qui est primordial : on a tous nos bons et mauvais jours, les bipolaires aussi. Ce n’est pas parce qu’on est un jour de mauvaise humeur qu’on est forcément dans une phase critique. C’est parfois juste un mauvais jour.

 

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