Grève des médecins libéraux en France (5–15 janvier 2026) : causes, déroulement et impacts
8 janvier 2026
À partir du 5 janvier 2026, une grève nationale des médecins libéraux débute en France pour une durée prévue de dix jours, jusqu’au 15 janvier. Ce mouvement social, massif et coordonné, réunit généralistes, spécialistes et praticiens de ville contre plusieurs mesures contenues dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2026 et des réformes jugées contraires aux conditions d’exercice et à l’accès aux soins.
Pourquoi cette grève des médecins ? Leurs revendications
La grève a été appelée par une intersyndicale large, regroupant des organisations majeures telles que MG France, CSMF, SML, FMF, UFML-S et plusieurs collectifs de jeunes médecins, ce qui illustre l’ampleur du mouvement et le sentiment d’unité dans la profession.
Les praticiens dénoncent principalement :
- La remise en cause de la liberté d’exercice : certaines dispositions donnent un pouvoir étendu aux autorités publiques pour décider, sans accord préalable, des tarifs de certains actes, ce qui serait contraire à la tradition de négociation conventionnelle avec l’Assurance maladie.
- L’insuffisance des financements face aux besoins croissants du système de santé, selon les syndicats.
- L’augmentation de la pression administrative et du contrôle sur les prescriptions, les arrêts de travail et les pratiques médicales quotidiennes, perçue comme un manque de confiance injustifiée.
- Des mesures perçues comme une menace pour l’autonomie professionnelle et la capacité à pratiquer la médecine de proximité.
Selon plusieurs sources, ce contexte de mécontentement préexistait à l’entrée en vigueur du budget 2026, avec des tensions alimentées par des propositions liées à la régulation des installations des médecins et à d’autres réformes antérieures.
Un mouvement d’ampleur inédite
La grève est considérée comme “excessivement suivie” par plusieurs syndicats, qui estiment qu’environ 85 % des médecins libéraux auront rejoint le mouvement.
Les cabinets médicaux, en particulier ceux des généralistes et des spécialistes libéraux, ferment progressivement leurs portes depuis le 5 janvier, rendant l’accès aux consultations non urgentes plus difficile dans de nombreuses régions.
Un important rassemblement est également prévu à Paris le 10 janvier, avec l’objectif de renforcer la visibilité du mouvement et de faire pression sur les pouvoirs publics.
La réponse du gouvernement et les mesures d’accompagnement
Face à cette mobilisation, le gouvernement n’exclut pas le recours aux “réquisitions”, une procédure rare permettant d’ordonner à certains médecins de continuer à exercer pour garantir la continuité des soins essentiels.
Le rôle des Agences régionales de santé (ARS) est également souligné : elles peuvent coordonner des dispositifs pour maintenir l’accès aux soins, notamment via la permanence des soins ambulatoires (PDSA), un système qui organise la continuité des soins hors des heures d’ouverture des cabinets traditionnels.
Par ailleurs, le ministère de la Santé affirme travailler à rouvrir le dialogue avec les organisations professionnelles pour tenter d’apaiser la crise, tout en assurant l’organisation de services d’urgence et de soins hospitaliers pour les patients les plus vulnérables.
Impacts concrets pour les patients
Consultations et soins non urgents
La fermeture de nombreux cabinets entraîne une baisse des rendez-vous disponibles, en particulier pour des consultations programmées. Les patients sont invités à contacter directement leur médecin pour vérifier la disponibilité avant de se déplacer.
Les consultations urgentes doivent être orientées vers le 15 (SAMU) ou, si nécessaire, vers les services d’urgence hospitaliers.
Renouvellement d’ordonnances
Pour les personnes ayant besoin de renouveler un traitement courant, il est recommandé de prévenir à l’avance leur médecin traitant ou leur pharmacien, qui peut parfois conseiller des solutions temporaires.
Alternatives et soins de proximité
En cas d’indisponibilité du médecin traitant et si l’état le permet, les patients peuvent recourir à la Permanence des soins ambulatoires (116 117) pour les consultations en soirée ou le week-end.
Contexte plus large : pénurie de médecins et désertification médicale
Le mouvement s’inscrit dans un contexte plus large de défis structurels dans le système de santé français. Depuis plusieurs années, la France fait face à des pénuries de médecins dans certaines zones, notamment dans les « déserts médicaux », ce qui a déjà été pointé dans des mobilisations précédentes.
Plusieurs initiatives émergent pour tenter d’y remédier, par exemple des associations comme Médecins Solidaires, qui organisent des services pour améliorer l’accès aux soins dans les zones rurales.
Quelles perspectives après le 15 janvier ?
La fin prévue de la grève le 15 janvier 2026 ne garantit pas l’arrêt des tensions entre médecins libéraux et autorités publiques. Les syndicats ont déjà évoqué la possibilité de nouvelles actions si les négociations n’aboutissent pas à des solutions satisfaisantes.
Le débat autour du budget de la Sécurité sociale et de l’organisation du système de santé français devrait rester au centre des discussions politiques, médicales et sociales dans les semaines à venir.
En résumé, depuis le 5 janvier 2026, les médecins libéraux sont engagés dans une grève nationale de dix jours pour dénoncer les mesures du budget de la Sécurité sociale 2026, jugées pénalisantes pour l’exercice médical et l’accès aux soins. Très suivie, cette mobilisation entraîne la fermeture de nombreux cabinets, des reports de consultations et des difficultés temporaires pour les patients, notamment pour les soins non urgents.
Les autorités sanitaires rappellent les dispositifs de continuité des soins (15, 116 117, urgences) et appellent au dialogue. Ce mouvement met en lumière les tensions structurelles du système de santé français, entre contraintes budgétaires, pénurie de médecins et attentes croissantes de la population.
Sources