Magnésium contre la fatigue, vitamine D en hiver, mélatonine pour dormir, plantes pour mieux digérer… Les compléments alimentaires occupent une place croissante dans nos habitudes. Disponibles en pharmacie, en magasin ou sur Internet, ils sont souvent perçus comme des produits sans risque parce qu’ils contiennent des vitamines, des minéraux ou des substances issues de plantes.
Pourtant, « naturel » ne signifie pas automatiquement « sans danger ». Les compléments alimentaires peuvent être utiles dans certaines situations précises, mais ils ne sont ni indispensables pour tout le monde ni destinés à remplacer un traitement médical.
Qu’est-ce qu’un complément alimentaire ?
Un complément alimentaire est destiné à compléter l’alimentation. Il peut notamment contenir des vitamines, des minéraux, des plantes ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique.
Il ne s’agit pas d’un médicament. Cette distinction est importante : un complément alimentaire n’a pas vocation à prévenir ou traiter une maladie à la place d’une prise en charge médicale.
Dans quels cas les compléments alimentaires peuvent-ils être utiles ?
L’intérêt dépend de la personne, de son alimentation, de son âge, de son état de santé et de la substance concernée. Une supplémentation peut être recommandée dans certaines situations particulières ou lorsqu’une carence est diagnostiquée.
En revanche, prendre systématiquement des vitamines ou des minéraux « au cas où » n’est pas nécessairement bénéfique. Par exemple, concernant la fatigue, l’Assurance Maladie rappelle que les vitamines, oligo-éléments et le magnésium présentent un intérêt en cas de carence avérée, mais que leur efficacité contre la fatigue elle-même n’a pas été établie.
Peut-on prendre des compléments alimentaires sans avis médical ?
La vente libre ne signifie pas absence de risque. Certains compléments peuvent provoquer des effets indésirables, être contre-indiqués dans certaines maladies ou interagir avec des médicaments.
L’Anses recommande notamment de demander conseil à un professionnel de santé, d’éviter les prises prolongées, répétées ou multiples et de respecter les conditions d’utilisation. Elle invite également à être particulièrement prudent face aux produits présentés comme « miraculeux ».
Compléments à base de plantes : naturel ne signifie pas sans risque
De nombreux compléments contiennent des plantes utilisées traditionnellement en phytothérapie. Le recours aux plantes peut répondre à certains usages, mais leurs substances actives peuvent aussi avoir des effets sur l’organisme et interagir avec des traitements.
La levure de riz rouge en fournit un exemple : l’Anses a signalé des risques d’atteintes musculaires et hépatiques et recommande de prendre conseil auprès d’un professionnel de santé avant sa consommation.
La même vigilance concerne d’autres produits. Des effets indésirables ont notamment été signalés avec des compléments contenant de la mélatonine, qui sont déconseillés à certaines populations ou nécessitent un avis médical dans certaines situations.
Quelle différence entre phytothérapie et complément alimentaire ?
La phytothérapie désigne l’utilisation des plantes ou de leurs extraits à des fins de santé. Mais tous les produits à base de plantes n’ont pas le même statut : une plante peut entrer dans la composition d’un médicament, d’un complément alimentaire ou d’autres préparations.
Il faut donc s’intéresser au produit utilisé, à sa composition, à son dosage et aux éventuelles contre-indications plutôt qu’à la seule mention « à base de plantes ».
À lire également sur IndexSanté : notre article consacré à la phytothérapie, pour mieux comprendre l’utilisation des plantes et les précautions à connaître.
Qui doit être particulièrement vigilant ?
Les personnes qui suivent plusieurs traitements doivent être particulièrement prudentes en raison du risque d’interactions. Les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants, les personnes âgées et celles atteintes de certaines maladies chroniques devraient également demander conseil à un professionnel avant d’entreprendre une supplémentation.
Si vous prenez déjà plusieurs compléments, pensez à signaler l’ensemble des produits consommés à votre médecin ou à votre pharmacien. Cumuler différents produits peut conduire à absorber plusieurs fois la même substance sans s’en rendre compte.
Antibiotiques VS compléments alimentaires
Vous suivez un traitement antibiotique et prenez également des compléments alimentaires ? Prudence : certaines associations peuvent modifier l’absorption et donc l’efficacité de certains antibiotiques.
C’est notamment le cas de compléments contenant des minéraux comme le calcium, qui peuvent interagir avec certaines familles d’antibiotiques, notamment les cyclines et les quinolones. Plus largement, un complément alimentaire n’est pas destiné à remplacer un antibiotique : les deux produits n’ont ni le même rôle ni le même statut.
Si un antibiotique vous a été prescrit, n’interrompez pas ou ne modifiez pas votre traitement au profit d’un complément alimentaire. Avant d’associer les deux, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien et indiquez-lui précisément les compléments que vous prenez.
Faut-il prendre des compléments alimentaires pour rester en bonne santé ?
Il n’existe pas de réponse unique. Une supplémentation peut avoir une véritable indication dans certaines situations, mais elle ne doit pas devenir un réflexe systématique dès qu’apparaissent fatigue, stress ou troubles du sommeil.
Avant d’acheter un complément, il peut être utile de se poser trois questions :
- pourquoi souhaitez-vous le prendre,
- existe-t-il réellement une carence ou un besoin particulier
- et ce produit est-il compatible avec votre état de santé et vos traitements ?
En cas de doute, médecin ou pharmacien peuvent vous aider à faire le point.
IndexSanté vous permet également de rechercher des professionnels de santé près de chez vous et de consulter nos autres contenus consacrés aux approches de santé et de bien-être, notamment notre dossier sur la phytothérapie.