Fumées des incendies : comment protéger les personnes les plus fragiles ?

incendies et fumées

25 juillet 2026

Alors que plusieurs incendies majeurs touchent actuellement la Gironde et le Var, des milliers d’hectares ont déjà été détruits et de nombreuses communes ont dû être évacuées. Si les flammes représentent un danger immédiat pour les populations proches des foyers, les fumées d’incendie constituent également un risque sanitaire important, parfois à plusieurs centaines de kilomètres du brasier en fonction des vents. Les autorités rappellent que les particules fines transportées par les panaches de fumée peuvent dégrader durablement la qualité de l’air, même dans des secteurs éloignés des incendies.

Les nourrissons, les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires sont particulièrement exposés. Voici les principaux conseils pour limiter les risques.

 

Pourquoi les fumées des incendies sont-elles dangereuses ?

Les fumées de feux de forêt contiennent un mélange complexe de gaz toxiques, de particules fines (PM2.5), de monoxyde de carbone et de nombreux composés irritants.

Les particules les plus fines pénètrent profondément dans les poumons et peuvent même passer dans la circulation sanguine. Elles favorisent :

  • les crises d’asthme ;
  • les exacerbations de BPCO ;
  • les infections respiratoires ;
  • les difficultés respiratoires ;
  • les complications cardiovasculaires chez les personnes fragiles.

Même lorsque l’incendie semble éloigné, le risque persiste tant que le panache de fumée est présent.

 

Qui sont les personnes les plus à risque ?

Certaines populations doivent être particulièrement vigilantes :

  • les personnes âgées ;
  • les femmes enceintes ;
  • les nourrissons et jeunes enfants ;
  • les personnes souffrant d’asthme ou de bronchite chronique ;
  • les patients atteints de BPCO ;
  • les personnes présentant une insuffisance cardiaque ou une maladie cardiovasculaire ;
  • les personnes immunodéprimées.

Chez ces personnes, une simple exposition de quelques heures peut suffire à provoquer une aggravation des symptômes respiratoires ou cardiaques.

 

Les bons réflexes pour limiter l’exposition aux fumées

Restez autant que possible à l’intérieur

Lorsque les fumées sont visibles ou que la qualité de l’air est dégradée, il est recommandé de limiter les sorties.

Gardez les portes et fenêtres fermées afin d’éviter que les particules ne pénètrent dans le logement.

Évitez les efforts physiques

Faire du sport, jardiner ou réaliser un travail physique augmente la quantité d’air inhalée et donc la pénétration des particules dans les poumons.

En période de pollution liée aux incendies, mieux vaut reporter toute activité physique extérieure.

Améliorez la qualité de l’air intérieur

À l’intérieur du logement :

  • évitez les bougies, l’encens ou les cheminées ;
  • ne fumez pas ;
  • limitez toute source de pollution intérieure.

Si votre système de ventilation ne dispose pas d’une filtration adaptée, les autorités recommandent de le couper temporairement afin de limiter l’entrée des fumées.

Portez un masque adapté si vous devez sortir

Un masque chirurgical protège peu contre les particules fines.

En revanche, un masque FFP2 correctement ajusté permet de réduire une partie de l’exposition, notamment chez les personnes vulnérables lorsqu’une sortie est indispensable.

Hydratez-vous régulièrement

Les fumées irritent les voies respiratoires et favorisent la déshydratation, surtout en période de fortes chaleurs.

Boire suffisamment d’eau aide à limiter l’irritation des muqueuses.

 

Femmes enceintes : une vigilance renforcée

Les études montrent qu’une exposition importante aux particules fines peut être associée à certaines complications de la grossesse.

Les femmes enceintes doivent donc :

  • éviter toute exposition prolongée aux fumées ;
  • rester dans un environnement le plus sain possible ;
  • consulter rapidement leur médecin en cas d’essoufflement inhabituel, de malaise ou de diminution des mouvements du bébé.

Personnes âgées : ne restez pas isolées

Les seniors présentent souvent plusieurs facteurs de risque : maladies chroniques, capacité respiratoire diminuée ou traitements médicaux.

En période d’incendie, il est conseillé :

  • de maintenir un contact régulier avec un proche ;
  • de suivre les recommandations de la mairie ou de la préfecture ;
  • de préparer ses traitements en cas d’évacuation.

Les communes disposent souvent de dispositifs spécifiques pour accompagner les personnes vulnérables lors des crises majeures.

Asthme, BPCO : gardez votre traitement à portée de main

Les personnes souffrant de maladies respiratoires ne doivent jamais interrompre leur traitement de fond.

Il est recommandé de :

  • conserver son inhalateur sur soi ;
  • respecter les prescriptions médicales ;
  • contacter rapidement son médecin si les symptômes s’aggravent.

Quels symptômes doivent alerter ?

Une consultation médicale rapide est recommandée en cas de :

  • difficultés respiratoires inhabituelles ;
  • essoufflement important ;
  • douleurs thoraciques ;
  • toux persistante ;
  • respiration sifflante ;
  • lèvres ou doigts bleutés ;
  • malaise ou perte de connaissance.

En cas de détresse respiratoire ou de douleur thoracique intense, il faut appeler immédiatement les secours.

Suivez la qualité de l’air et les consignes des autorités

Pendant les incendies, la qualité de l’air peut évoluer très rapidement selon les vents.

Avant toute sortie, consultez les bulletins des autorités locales ainsi que les indices de qualité de l’air diffusés par les réseaux de surveillance.

En cas d’ordre d’évacuation, quittez les lieux sans attendre et ne revenez jamais dans une zone sinistrée tant que les autorités ne l’autorisent pas.

 

En résumé, Les fumées des incendies représentent un véritable risque sanitaire, y compris loin des flammes. Les femmes enceintes, les personnes âgées, les enfants et les patients atteints de maladies respiratoires ou cardiaques doivent adopter des mesures de protection renforcées. Rester à l’abri, limiter les sorties, porter un masque FFP2 lorsque cela est nécessaire et surveiller l’apparition de symptômes sont les meilleurs moyens de réduire les conséquences sur la santé.

 

Pour aller plus loin

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Sources :