Maladie de Parkinson : Éric Micoud, ancien basketteur professionnel, témoigne

Eric Micoud et la maladie de Parkinson

3 juin 2026

Longtemps associée uniquement aux tremblements, la maladie de Parkinson reste encore mal connue du grand public. Pourtant, elle est aujourd’hui la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer. En France, plus de 270 000 personnes vivent avec cette pathologie, et environ 25 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année.

Au-delà des symptômes physiques, Parkinson bouleverse profondément le quotidien des patients, de leurs proches et parfois même leur identité sociale et professionnelle. Mais les avancées de la recherche, l’activité physique adaptée, les traitements et l’accompagnement permettent aujourd’hui de mieux vivre avec la maladie.

 

Qu’est-ce que la maladie de Parkinson ?

La maladie de Parkinson est une maladie neurologique chronique et évolutive. Elle est provoquée par la disparition progressive de certains neurones situés dans une zone du cerveau appelée la substance noire.

Ces neurones produisent la dopamine, un neurotransmetteur essentiel au contrôle des mouvements. Lorsque le taux de dopamine diminue, les fonctions motrices sont perturbées.

La maladie apparaît généralement après 60 ans, mais certaines formes précoces peuvent toucher des personnes plus jeunes.

 

Les principaux symptômes de Parkinson

Les symptômes varient d’une personne à l’autre et évoluent progressivement.

Les signes les plus connus sont :

  • Les tremblements au repos
  • La lenteur des mouvements (bradykinésie)
  • La rigidité musculaire
  • Les troubles de l’équilibre et de la marche

Mais Parkinson ne se limite pas aux symptômes moteurs.

De nombreux patients souffrent également :

  • De fatigue intense
  • De troubles du sommeil
  • D’anxiété ou de dépression
  • De douleurs
  • De troubles digestifs
  • De difficultés de concentration
  • D’une perte de l’odorat

Ces symptômes invisibles sont parfois les plus difficiles à vivre au quotidien.

 

Une maladie qui bouleverse la vie sociale et professionnelle

Être atteint de Parkinson ne signifie pas seulement devoir gérer des symptômes médicaux. La maladie impacte souvent la vie familiale, professionnelle et psychologique.

Certaines personnes doivent arrêter leur activité plus tôt que prévu. D’autres voient leur autonomie diminuer progressivement. Beaucoup évoquent également le regard des autres, la peur du jugement ou encore l’isolement.

C’est pourquoi l’accompagnement global est essentiel : neurologues, kinésithérapeutes, orthophonistes, psychologues, activité physique adaptée et soutien des proches jouent un rôle majeur.

 

L’importance du sport dans la prise en charge

Depuis plusieurs années, les médecins insistent sur les bénéfices de l’activité physique dans l’évolution de la maladie.

Marche, natation, vélo, danse, yoga ou préparation physique adaptée : le mouvement aide à préserver la mobilité, l’équilibre, la coordination et parfois même le moral.

Certaines études montrent que l’activité physique régulière pourrait ralentir l’évolution de certains symptômes.

Le sport devient alors bien plus qu’un loisir : un véritable outil thérapeutique.

 

Parkinson et sport de haut niveau : quand les anciens athlètes témoignent

De plus en plus de personnalités issues du milieu sportif prennent la parole sur la maladie de Parkinson. Ces témoignages participent à changer le regard porté sur cette pathologie.

Parmi eux, l’ancien basketteur professionnel Éric Micoud  (SIG, Cholet, PBR entre autres) a publiquement évoqué son combat contre la maladie. Son parcours illustre une réalité souvent méconnue : Parkinson peut aussi toucher des personnes longtemps associées à la performance physique, à l’endurance et au dépassement de soi… et jeunes.

Ces prises de parole permettent de sensibiliser le grand public, mais aussi de montrer qu’il reste possible de continuer à vivre, transmettre et inspirer malgré la maladie.

 

Les avancées de la recherche

La recherche sur Parkinson progresse rapidement.

Les scientifiques travaillent notamment sur :

  • De nouveaux traitements médicamenteux
  • La stimulation cérébrale profonde
  • Les biomarqueurs permettant un diagnostic plus précoce
  • Les liens entre environnement, génétique et maladie
  • Les thérapies cellulaires et géniques

Même si aucun traitement curatif n’existe aujourd’hui, les progrès permettent d’améliorer la qualité de vie des patients et d’espérer de nouvelles solutions dans les années à venir.

 

Mieux accompagner les patients et les aidants

La maladie de Parkinson concerne aussi les proches. Les aidants jouent souvent un rôle central dans l’accompagnement quotidien.

Fatigue, charge mentale, inquiétudes, adaptation du logement ou organisation des soins : les familles ont elles aussi besoin d’écoute et de soutien.

En France, plusieurs associations proposent des groupes de parole, des ateliers, des activités adaptées et des informations pour mieux vivre avec la maladie.

 

Une avancée historique venue du Japon ?

L’espoir d’un traitement capable de réparer les lésions cérébrales liées à Parkinson progresse également. En avril 2025, le Japon est devenu le premier pays au monde à approuver une thérapie utilisant des cellules souches pour traiter certains patients atteints de la maladie. Développé par le laboratoire Sumitomo Pharma, ce traitement consiste à greffer dans le cerveau des cellules dérivées de cellules souches capables de produire de la dopamine. Même si cette innovation ne constitue pas encore un traitement curatif accessible à tous, elle marque une étape majeure dans la recherche mondiale contre Parkinson et ouvre de nouvelles perspectives pour les années à venir. Les chercheurs espèrent ainsi pouvoir, à terme, restaurer certaines fonctions neurologiques altérées par la maladie. Pour en savoir plus sur cette avancée, consultez l’article de Ouest-France : « Parkinson : le Japon approuve un traitement par cellules souches, une première mondiale ».

 

 

INTERVIEW ERIC MICOUD 

 

Éric, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

 

Éric Micoud, ancien sportif de haut niveau, consultant pour une chaine sportive, commentateur de matchs de basket américain. 53 ans.

 

Sur le diagnostic et l’annonce de la maladie

 

  • Comment avez-vous réagi lorsque le diagnostic de Parkinson est tombé ?

« J’ai arrêté le basket à 36 ans, je l’ai su vers 40 ans. Un vrai choc. J’ai paniqué. Parce que je ne savais pas réellement ce qu’était la maladie. J’en avais entendu parler et quand je suis allé faire les examens et qu’on me l’a annoncé, j’ai un peu flippé, j’avoue. »

  • Quels ont été les premiers symptômes qui vous ont alerté ?

« Des tremblements à la main, au début la gauche, seulement d’un côté, puis le pied gauche. Chez moi, pour le moment, c’est une Parkinson qui est beaucoup du côté gauche. J’ai mis 3 à 4 mois avant d’aller consulter. Je trouvais que je tremblais un peu, un peu trop en fait à mon goût. C’est au scanner qu’on m’a dit que j’avais un syndrome parkinsonien. »

  • Êtes-vous plutôt dans la maladie des tremblements ou celle où l’on se sent prisonnier de son corps ?

« Celle des tremblements et là elle évolue. En plus des tremblements, j’ai des pertes d’équilibre. Je sens les crises arriver. Ça commence par des tremblements, le pied qui tape au sol puis la main. Aujourd’hui, je le sens aussi dans ma démarche. J’essaie d’aller marcher chaque jour mais ça n’est pas simple de marcher longtemps. Je prends des bâtons. La maladie a évolué doucement mais sûrement. »

  • Est-ce difficile d’accepter la maladie lorsqu’on a été sportif professionnel ?

« Très dur. Tu sens que tu n’as plus le contrôle de ton corps et ton corps, c’est ce qui te définissait avant. Marcher comme une personne âgée, être fatigué très vite… alors que t’avais des abdos. En plus de Parkinson, j’ai eu un cancer de la prostate l’an dernier, j’ai été opéré et donc mon corps a encore morflé. Ce n’est pas simple d’accepter, non. »

 

Sur le quotidien avec Parkinson

 

  • Qu’est-ce qui est le plus compliqué au quotidien ?

« De se dire que ça ne va pas s’arranger. Que la maladie est là et qu’il faut faire avec. Le seul petit espoir c’est qu’avec les progrès de la science, comme cette maladie touche de plus en plus de monde, il y a des avancées et qu’ils vont bien finir par trouver des traitements plus efficaces. »  

  • Quels sont les symptômes invisibles dont on parle trop peu ?

« Fatigue. Vue qui baisse très vite. Constipation. Salivation extrême… et j’en oublie sûrement… mais ce sont les plus parlants. »

  • Pensez-vous que cette maladie apparaît par hasard ou plutôt après un choc ? Ou un terrain héréditaire ?

« Mon papa est décédé d’Alzheimer, rien à voir. Pour moi, personne n’a de cas dans ma famille. Personne ne sait d’où vient Parkinson. La médecine aujourd’hui connait la maladie mais pas du tout son origine. Pourquoi moi ? Aucune idée. Certaines études ont défini des secteurs en France où il y a beaucoup de cas comme les régions où il y a des vignobles. C’est mon neurologue qui parlait de cela. Mais en vérité, c’est tombé sur moi, voilà, c’est tout. »

  • Comment gérez-vous la douleur ?

« Je n’ai pas réellement de douleur sauf par exemple quand j’essaie de bloquer mes tremblements, notamment au niveau de la jambe gauche. Un peu comme la douleur d’une crampe. Normalement, j’ai beaucoup de médicaments à prendre chaque jour mais pas spécialement pour la douleur. Mais entre la tête qui tourne et une addiction aux jeux… les effets secondaires étaient très forts. Je gère comme je peux pour le moment, on verra ensuite. »*

 

Sur le sport et le mental

 

  • Le sport vous aide-t-il encore aujourd’hui à gérer la maladie ?

« J’essaie d’aller 3 fois par semaine en salle. Je travaille uniquement la nuit depuis des années, la journée souvent je dors, alors je vais à la salle surtout pour rencontrer du monde. Mais en effet, mon médecin m’a recommandé de faire beaucoup de sport parce que mon corps devient de plus en plus rigide. Je me rends compte que je vieillis un peu plus vite que les autres et pour ça, le sport aide. Notamment la piscine. »

  • Le mental d’un ancien sportif de haut niveau aide-t-il face à Parkinson ?

« Non, parce que j’ai les souvenirs de ce corps que je n’ai plus et je dois en faire le deuil. Ce qui m’aide c’est de me dire que j’ai des enfants et que j’espère les voir le plus souvent et le plus longtemps possible avec un corps qui me permet de faire des choses avec eux. »

  • Comment imaginez-vous la suite de votre vie avec cette maladie ?

« Cette maladie fait que tout change, notamment la sexualité qui est à zéro depuis des années. J’essaie d’être à la retraite le plus vite possible pour espérer me rapprocher de ma petite fille de 4 ans qui habite dans le Nord. »

 

Sur le regard des autres

 

  • Le regard des gens a-t-il changé depuis que vous parlez publiquement de la maladie ?

« Les gens comprennent maintenant pourquoi je tremble mais le souci c’est pas les gens. Quand on en parle, ils l’acceptent. Non, le plus dur c’est moi. C’est moi qui suis gêné de trembler. Je vois les gens qui regardent mes mains trembler… et ça c’est le plus dur. Et ça me gênera toute ma vie je pense. Même ma petite de 4 ans me demande. Je lui ai expliqué en plaisantant et en lui disant que j’ai des super pouvoirs ! Non, je rigole, elle sait que je suis malade et maintenant elle s’en fiche. »

  • Pourquoi était-il important pour vous de témoigner ?

« J’ai voulu, à une période, témoigner un peu partout, par exemple intervenir lors de conférences. Aujourd’hui, je ne m’en sens plus capable. Je suis trop stressé à ces moments-là et maintenant, rien que de savoir que je dois parler en public, je tremble beaucoup trop. Rien que de dire le mot « Parkinson », je tremble. »

  • Pensez-vous que l’on parle suffisamment de Parkinson en France ?

« On n’en parlera jamais assez, c’est sûr mais en ce moment, quand même, on sent que certaines choses avancent. En tout cas on en parle beaucoup plus que quand j’ai appris ma maladie il y a plus de 10 ans. Cette maladie touche de plus en plus de gens. Mais j’aimerais quand même qu’on en parle plus et qu’on trouve un traitement vraiment efficace. »

 

Sur l’espoir et les messages à transmettre

 

  • Quel message aimeriez-vous adresser aux personnes récemment diagnostiquées ?

« Faites confiance à la science et consultez. Prenez les traitements, certains sont très efficaces et ont besoin d’être pris rapidement pour perdre le moins de temps possible. »

  • Malgré tout ce que la maladie vous a pris, qu’est-ce qu’elle ne vous enlèvera jamais ?

« Elle ne m’enlèvera jamais l’envie d’aimer les miens. Parkinson ralentit mes gestes, fatigue mon corps, fait trembler mes mains… mais elle ne touche pas ce qui me fait avancer. Tant que je pourrai rire avec mes enfants, serrer ma petite fille dans mes bras ou partager un moment avec ceux que j’aime, alors elle n’aura jamais gagné. »

 

À travers son témoignage, Éric Micoud rappelle une vérité essentielle : on peut perdre une partie de ses capacités sans perdre ce qui fait la valeur d’une vie. Parkinson change le corps, mais elle ne définit ni une personne, ni son courage, ni sa capacité à aimer, transmettre et inspirer.

 

* Son témoignage reflète son expérience personnelle et ne doit en aucun cas être considéré comme une recommandation médicale.

Propos recueillis par Manuela Justini

 

 

Sources officielles