Entrer en EHPAD ne retire aucun droit. La loi encadre précisément ce que l’établissement doit garantir à chaque résident : information, consentement, vie privée, visites, participation à la vie de la structure et voies de recours. Ces garanties sont opposables — elles ne dépendent ni du statut de l’établissement, ni de son tarif.
Ce guide passe en revue les droits qui comptent au quotidien, les documents qui les matérialisent, et ce qu’il est possible de faire quand ils ne sont pas respectés.
Les documents remis à l’admission
Trois documents, obligatoires, fixent le cadre. Ils se lisent avant de signer, pas après.
- Le contrat de séjour précise les prestations, leur prix, les suppléments facturés, les conditions de facturation en cas d’absence ou d’hospitalisation et les modalités de résiliation. Après la signature — ou l’admission si elle est postérieure —, la personne accueillie dispose d’un délai de rétractation de quinze jours, exerçable par écrit sans justification. Nous détaillons la sortie du contrat dans notre guide sur le changement d’EHPAD et la résiliation.
- Le règlement de fonctionnement décrit l’organisation de la vie collective : horaires, visites, sécurité, usage des espaces.
- La charte des droits et libertés de la personne accueillie, affichée dans l’établissement et remise avec le livret d’accueil : dignité, intimité, libre choix, consentement éclairé, confidentialité, exercice des droits civiques.
Vie quotidienne : ce que l’établissement doit respecter
- La liberté d’aller et venir est le principe. Si l’état de santé impose des mesures particulières (unité protégée, dispositif anti-errance), elles doivent être individualisées, motivées médicalement et figurer dans une annexe au contrat de séjour, réexaminée régulièrement.
- Le droit de recevoir des visites chaque jour est désormais consacré par la loi. L’établissement ne peut le restreindre que de façon limitée et motivée ; pour une personne en fin de vie, le droit de visite ne peut pas être refusé.
- La chambre est un espace privé : le personnel y frappe avant d’entrer, le courrier est remis fermé, et le résident peut l’aménager avec ses meubles et objets dans les limites de sécurité du règlement.
- L’animal de compagnie peut désormais être accueilli, sous conditions fixées par l’établissement (capacité à s’en occuper, règles sanitaires) — un droit récent, à vérifier concrètement lors de la visite.
- Le consentement aux soins demeure entier : un résident reste libre d’accepter ou de refuser un traitement, et choisit son médecin traitant.
La personne de confiance
Tout résident peut désigner par écrit une personne de confiance, consultée en priorité s’il n’est plus en mesure d’exprimer sa volonté. Elle peut l’accompagner dans ses démarches et assister aux entretiens médicaux. Cette désignation est un droit propre, distinct de la protection juridique (tutelle, curatelle) comme de la personne référente du dossier administratif — les trois rôles peuvent être portés par des personnes différentes.
Participer à la vie de l’établissement : le CVS
Le conseil de la vie sociale (CVS) est obligatoire. Composé en majorité de résidents et de familles élus, il est consulté sur le fonctionnement de l’établissement : organisation, activités, restauration, travaux, tarifs. Ses comptes rendus sont accessibles ; y siéger — ou simplement y porter un sujet via un élu — est le canal le plus direct pour faire évoluer le quotidien collectif.
Quand un droit n’est pas respecté : les recours, dans l’ordre
- La direction de l’établissement, par écrit de préférence : la plupart des difficultés (facturation, prestation non conforme, incident) se règlent à ce niveau.
- Le CVS, pour les sujets qui dépassent un cas individuel.
- La personne qualifiée : chaque département tient une liste de personnes indépendantes, gratuites, que tout résident ou proche peut saisir pour l’aider à faire valoir ses droits. La liste s’obtient auprès du conseil départemental ou de l’ARS.
- Le conseil départemental et l’ARS, autorités de contrôle des EHPAD, pour les manquements sérieux ou répétés.
- Le 3977, numéro national contre les maltraitances envers les personnes âgées, joignable également par les proches et les témoins.
En cas de danger, les signalements peuvent être simultanés : alerter le 3977 ou l’ARS n’oblige pas à avoir épuisé les étapes précédentes.
Trouver un EHPAD par département
Par département
- EHPAD dans le Nord (59)
- EHPAD dans les Bouches-du-Rhône (13)
- EHPAD en Loire-Atlantique (44)
- EHPAD en Gironde (33)
- EHPAD dans le Rhône (69)
- EHPAD dans les Alpes-Maritimes (06)
- EHPAD dans l'Hérault (34)
- EHPAD en Ille-et-Vilaine (35)
- EHPAD dans le Pas-de-Calais (62)
- EHPAD en Vendée (85)
Par ville
Questions fréquentes
Un EHPAD peut-il imposer des horaires de visite ?
Il peut organiser les visites (lieux, moments de soins), mais pas vider le droit de sa substance : la loi garantit la possibilité de recevoir une visite chaque jour, et l’interdit de refus pour une personne en fin de vie.
Le résident peut-il sortir librement de l’établissement ?
Oui, c’est le principe. Les restrictions doivent être individuelles, justifiées médicalement et inscrites dans une annexe au contrat — jamais une règle collective par défaut.
Qui peut saisir la personne qualifiée ?
Le résident lui-même, ou un proche. La démarche est gratuite et la liste des personnes qualifiées du département s’obtient auprès du conseil départemental ou de l’ARS.
La famille peut-elle consulter le dossier médical ?
Non, sauf si le résident l’y autorise, ou dans les cas prévus par la loi (personne de confiance consultée quand le résident ne peut plus s’exprimer, ayants droit après un décès sous conditions). Le dossier appartient au résident.
Que risque un résident qui se plaint ?
Aucune mesure de rétorsion n’est légale. La résiliation du contrat par l’établissement n’est possible que pour des motifs limitativement énumérés — se plaindre n’en fait pas partie.