Entrer en EHPAD n’est pas la seule option, et ce n’est pas toujours la bonne au moment où la question se pose. Deux formules intermédiaires permettent de souffler, de tester ou de passer un cap difficile sans engagement définitif : l’hébergement temporaire et l’accueil de jour.
Elles sont largement disponibles — 47 % des EHPAD que nous recensons proposent un hébergement temporaire et 42 % un accueil de jour — mais restent méconnues, alors qu’elles répondent précisément aux situations d’urgence et d’épuisement des aidants.
Deux formules, deux usages
L’hébergement temporaire est un séjour complet en établissement, avec chambre, repas et accompagnement, pour une durée limitée — de quelques jours à quelques mois, dans la limite de 90 jours par an dans la plupart des cas.
L’accueil de jour se pratique à la journée ou à la demi-journée, un à plusieurs jours par semaine. La personne rentre chez elle le soir. Il s’adresse surtout aux personnes présentant des troubles cognitifs, avec des activités thérapeutiques adaptées.
L’hébergement temporaire : pour qui, pour quoi
Quatre situations le justifient le plus souvent :
- La sortie d’hospitalisation, quand le retour direct à domicile serait risqué mais que l’entrée définitive n’est pas décidée.
- Le répit de l’aidant : congés, hospitalisation ou simple épuisement du conjoint ou de l’enfant qui accompagne au quotidien.
- Une période difficile : travaux au domicile, canicule, isolement hivernal.
- Un essai avant décision : découvrir concrètement la vie en établissement, souvent le meilleur moyen de lever les réticences — ou de confirmer qu’il est trop tôt.
C’est aussi, en pratique, une solution d’attente lorsqu’une place définitive est demandée ailleurs : les délais d’admission se comptant fréquemment en mois, l’hébergement temporaire évite les situations de crise.
L’accueil de jour : maintenir à domicile plus longtemps
L’objectif est double : proposer à la personne des activités stimulantes dans un cadre sécurisé — ateliers mémoire, activités physiques adaptées, vie sociale — et offrir à l’aidant des journées de répit régulières, qui permettent de tenir dans la durée.
Le rythme est défini avec l’établissement, généralement d’une à trois journées par semaine. Le transport est parfois organisé par la structure, parfois à la charge de la famille : c’est une question à poser d’emblée, car elle conditionne la faisabilité.
Il existe par ailleurs des centres de jour autonomes, structures dédiées indépendantes d’un établissement d’hébergement. Ces places relèvent souvent d’un pôle d’activités et de soins adaptés (PASA) au sein de l’EHPAD, dont nous détaillons le fonctionnement dans notre guide sur l’accompagnement Alzheimer.
Combien cela coûte, et quelles aides
La logique tarifaire est celle de l’hébergement permanent : un tarif hébergement, un tarif dépendance selon le GIR, les soins étant pris en charge par l’Assurance maladie. Le tarif journalier de l’hébergement temporaire est en général un peu supérieur à celui d’un séjour permanent, la durée courte ne permettant pas d’amortir les frais fixes.
Les aides mobilisables :
- L’APA couvre la part dépendance ; pour un accueil de jour, elle peut également financer le transport.
- Le droit au répit, adossé à l’APA, permet de financer un hébergement temporaire lorsque l’aidant a besoin de souffler, dans la limite d’un montant annuel.
- Les aides au logement sont possibles pour un hébergement temporaire de plusieurs mois.
- Les caisses de retraite et les mutuelles proposent fréquemment des aides au répit, souvent ignorées : interrogez-les systématiquement.
Comment en trouver une place
Les places étant peu nombreuses par établissement — souvent une à quelques unités —, elles se réservent à l’avance, particulièrement en été. Contactez directement les établissements de votre secteur, en indiquant les dates souhaitées et la souplesse dont vous disposez.
Le dossier demandé est généralement allégé par rapport à une admission permanente, mais le volet médical reste nécessaire. Anticipez de plusieurs semaines pour un séjour d’été.
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Questions fréquentes
Quelle durée maximale pour un hébergement temporaire ?
Le plus souvent 90 jours par année civile, en une ou plusieurs fois. Certains établissements appliquent des durées minimales : vérifiez-les.
L’hébergement temporaire donne-t-il priorité pour une place définitive ?
Ce n’est pas automatique, mais un séjour temporaire fait connaître la personne à l’équipe et facilite souvent l’admission ultérieure. Déposez malgré tout un dossier de demande permanente en parallèle.
L’accueil de jour est-il réservé aux personnes atteintes d’Alzheimer ?
Non, mais l’offre est majoritairement orientée vers les troubles cognitifs. D’autres profils peuvent y être accueillis selon les places disponibles.
Le transport est-il pris en charge ?
Cela dépend de l’établissement. Certains organisent un ramassage, d’autres non. L’APA peut contribuer au financement du transport.
Peut-on réserver plusieurs séjours dans l’année ?
Oui, dans la limite de la durée annuelle autorisée et des disponibilités. Anticipez les périodes de forte demande, notamment l’été.
Ces formules existent-elles hors EHPAD ?
Oui : certaines résidences autonomie et structures dédiées proposent également de l’accueil temporaire ou de jour.