Chercher un EHPAD Alzheimer ne revient pas à chercher un EHPAD ordinaire. La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées appellent des locaux sécurisés, des équipes formées et un rythme adapté — et tous les établissements n’en disposent pas. Sur les 7 384 EHPAD que nous recensons, 54 % déclarent une unité dédiée : près d’un sur deux n’en a pas.
Ce guide explique à quoi correspondent les différents dispositifs — unité de vie protégée, PASA, UHR —, comment savoir lequel correspond au profil de votre proche, et quelles questions poser lors de la visite pour distinguer un accompagnement réel d’un affichage.
Quels besoins, quels profils
Le dispositif adapté dépend moins du diagnostic que de ses manifestations concrètes, et notamment des troubles du comportement.
- Troubles légers, pas de déambulation à risque : un EHPAD classique peut convenir, à condition que l’équipe soit formée et que le projet d’accompagnement soit explicite.
- Troubles modérés, désorientation, besoin d’activités structurées : un pôle d’activités et de soins adaptés (PASA) apporte un cadre en journée sans changer de lieu de vie.
- Déambulation, risque de fugue, besoin de sécurisation permanente : une unité de vie protégée, fermée et de petite taille, devient nécessaire.
- Troubles sévères du comportement — agitation, agressivité, opposition aux soins : une unité d’hébergement renforcée (UHR) réunit hébergement, soins et activités dans un même espace, avec un encadrement plus dense.
Pour les aidants qui accompagnent à domicile, l’accueil de jour et l’hébergement temporaire permettent souvent de retarder l’entrée en établissement. Ce besoin évolue avec la maladie. Un établissement disposant de plusieurs niveaux de prise en charge évite un déménagement ultérieur, éprouvant pour une personne désorientée.
Les unités et dispositifs : ce que recouvrent les sigles
L’unité de vie protégée (UVP)
C’est le dispositif le plus répandu, souvent appelé simplement « unité Alzheimer ». Il s’agit d’un espace de vie fermé, de taille réduite, avec un personnel formé aux troubles cognitifs, un environnement conçu pour limiter la désorientation et généralement un jardin sécurisé. Le résident y vit à demeure. 54 % des EHPAD de notre base (4 022 sur 7 384) déclarent une unité de ce type.
Le pôle d’activités et de soins adaptés (PASA)
Le PASA n’est pas un lieu d’hébergement mais un espace d’activités thérapeutiques, fréquenté en journée par un petit groupe de résidents de l’établissement présentant des troubles modérés du comportement. Le résident conserve sa chambre habituelle et rejoint le pôle quelques jours par semaine. 29 % des établissements (2 164) en disposent.
L’unité d’hébergement renforcée (UHR)
L’UHR s’adresse aux troubles sévères du comportement. Elle combine hébergement, soins et activités dans un même lieu sécurisé, avec un taux d’encadrement supérieur. C’est le dispositif le plus rare : 3 % des EHPAD seulement (203 établissements), ce qui explique des listes d’attente parfois longues et la nécessité d’élargir la zone de recherche.
Attention au vocabulaire commercial : « unité protégée », « secteur sécurisé », « espace mémoire » ou « unité spécifique » recouvrent des réalités très variables. Seuls le PASA et l’UHR répondent à un cahier des charges national. Pour tout le reste, la seule façon de savoir ce qui se cache derrière le nom est de visiter.
Comment choisir
Au-delà du dispositif affiché, quatre dimensions distinguent réellement les établissements.
La sécurisation, sans enfermement. Un bon aménagement rend la déambulation possible sans danger : circulation en boucle, jardin clos accessible librement, repères visuels, portes discrètement contrôlées. Une unité où les résidents sont maintenus assis faute d’espace de marche n’est pas sécurisée, elle est contrainte.
La formation et la stabilité de l’équipe. Demandez qui est formé aux troubles cognitifs, si l’établissement dispose d’un psychologue et d’un assistant de soins en gérontologie, et quel est le taux de rotation du personnel. Pour une personne désorientée, la familiarité des visages fait partie du soin.
Le projet d’accompagnement personnalisé. Il doit exister par écrit, être construit avec la famille et révisé. Interrogez la manière dont l’établissement gère les moments difficiles — refus de soins, agitation vespérale — et notamment son recours aux traitements sédatifs.
Les activités réellement pratiquées. Un planning affiché ne prouve rien. Demandez ce qui a eu lieu la semaine précédente, combien de résidents y ont participé, et observez ce qui se passe pendant votre visite.
Les questions à poser lors de la visite
- Quel dispositif exactement : unité de vie protégée, PASA, UHR ? Combien de places ?
- Quel est le taux d’encadrement dans l’unité, de jour comme de nuit ?
- Combien de membres de l’équipe sont formés aux troubles cognitifs ?
- Les résidents peuvent-ils sortir librement dans un espace extérieur sécurisé ?
- Comment les troubles du comportement sont-ils gérés ? Quelle place pour les approches non médicamenteuses ?
- Que se passe-t-il si l’état de mon proche s’aggrave : un transfert sera-t-il nécessaire ?
- Les familles peuvent-elles venir aux repas, participer aux activités ?
- Comment suis-je informé en cas de chute, d’hospitalisation ou de changement de traitement ?
- Un projet d’accompagnement personnalisé est-il rédigé, et avec qui ?
Visitez si possible en fin de journée : c’est le moment où l’agitation est la plus fréquente, et où l’on observe le mieux la manière dont l’équipe y répond.
Le coût d’une place en unité Alzheimer
Une unité dédiée ne fait pas l’objet d’un tarif distinct : le résident acquitte le tarif hébergement de l’établissement et le tarif dépendance correspondant à son GIR. En pratique, les établissements disposant d’une unité protégée facturent souvent un hébergement légèrement supérieur, lié à l’aménagement des locaux et à l’encadrement. Les troubles cognitifs pesant sur l’évaluation du GIR, la part dépendance est fréquemment plus élevée — mais elle est aussi davantage couverte par l’APA. Le détail du mécanisme figure dans notre guide des tarifs.
Trouver un EHPAD avec unité Alzheimer par département
Par département
- EHPAD dans le Nord (59)
- EHPAD dans les Bouches-du-Rhône (13)
- EHPAD en Loire-Atlantique (44)
- EHPAD en Gironde (33)
- EHPAD dans le Rhône (69)
- EHPAD dans les Alpes-Maritimes (06)
- EHPAD dans l'Hérault (34)
- EHPAD en Ille-et-Vilaine (35)
- EHPAD dans le Pas-de-Calais (62)
- EHPAD en Vendée (85)
Par ville
Les fiches de notre annuaire précisent, pour chaque établissement, la présence d’une unité Alzheimer, d’un PASA ou d’une UHR, ainsi que la date de mise à jour de ces informations.
Questions fréquentes
Tous les EHPAD accueillent-ils les personnes atteintes d’Alzheimer ?
La plupart accueillent des résidents atteints de troubles cognitifs, mais tous ne disposent pas d’une unité adaptée : 46 % des établissements de notre base n’en déclarent aucune. C’est le premier filtre à appliquer.
Quelle différence entre une unité protégée et une UHR ?
L’unité protégée est un lieu de vie sécurisé pour des résidents désorientés. L’UHR s’adresse à des troubles du comportement sévères et associe hébergement, soins et activités renforcés dans un cadre répondant à un cahier des charges national. Elle est bien plus rare : 3 % des établissements.
Le PASA remplace-t-il une unité protégée ?
Non. Le PASA est un accueil de jour au sein de l’établissement, sans hébergement dédié : le résident garde sa chambre. Il convient aux troubles modérés, pas à un besoin de sécurisation permanente.
Une unité fermée, est-ce une privation de liberté ?
La fermeture vise à prévenir les sorties dangereuses, et doit s’accompagner d’un espace de déambulation intérieur et extérieur librement accessible. Un dispositif de sécurité qui se traduit par une immobilisation des résidents doit alerter.
Peut-on entrer directement en unité Alzheimer ?
Oui, si l’évaluation médicale le justifie et si une place est disponible. Les unités étant de petite taille, les délais sont souvent plus longs que pour l’hébergement classique : déposez plusieurs dossiers en parallèle.
Que se passe-t-il si l’état de mon proche s’aggrave ?
Tout dépend des dispositifs de l’établissement. Un EHPAD disposant à la fois d’une unité protégée et d’une UHR peut adapter la prise en charge sans déménagement — une question à poser dès la première visite.
Les aides financières sont-elles les mêmes ?
Oui : APA pour la part dépendance, aides au logement et, le cas échéant, aide sociale à l’hébergement s’appliquent dans les mêmes conditions qu’en hébergement classique.