Un centre de jour accueille des personnes âgées en perte d’autonomie pour la journée, puis les raccompagne chez elles le soir. C’est une solution de maintien à domicile souvent décisive : elle rompt l’isolement, stimule les capacités préservées, et offre aux aidants des journées de répit sans lesquelles l’accompagnement finit par devenir intenable.
Nous recensons 330 centres de jour dédiés aux personnes âgées en France, auxquels s’ajoutent les places d’accueil de jour proposées au sein des EHPAD. Ce guide explique la différence entre les deux formules, à qui elles s’adressent, ce qu’elles coûtent et comment les financer.
Deux formules à ne pas confondre
Le centre de jour autonome est une structure indépendante, dédiée à l’accueil de journée. Il dispose de ses propres locaux, de son équipe et de son projet d’accompagnement. C’est de lui qu’il est question ici : 330 structures en France.
L’accueil de jour en EHPAD consiste en quelques places réservées à des personnes vivant chez elles, au sein d’un établissement d’hébergement. Il est bien plus répandu — 42 % des EHPAD en proposent — et relève souvent d’un pôle d’activités et de soins adaptés. Nous le détaillons dans notre guide sur l’hébergement temporaire et l’accueil de jour.
Le choix entre les deux tient surtout à la proximité et à l’ambiance : un centre autonome offre un cadre entièrement pensé pour la journée, un accueil en EHPAD permet de se familiariser avec un établissement où une place définitive pourrait un jour être demandée.
À qui cela s’adresse
Le public visé est celui des personnes vivant à domicile, en perte d’autonomie modérée, et le plus souvent concernées par des troubles cognitifs débutants ou installés — maladie d’Alzheimer et maladies apparentées.
Trois situations en tirent le meilleur parti :
- L’isolement : une personne seule à domicile, dont la vie sociale s’est réduite, retrouve un rythme et des interactions régulières.
- Les troubles cognitifs : les activités structurées — ateliers mémoire, activités physiques adaptées, art-thérapie — ralentissent la perte des capacités et apaisent les troubles du comportement.
- L’épuisement de l’aidant : un conjoint ou un enfant qui accompagne au quotidien retrouve, une à trois journées par semaine, du temps pour lui — souvent la condition pour que le maintien à domicile tienne dans la durée.
Une journée type
L’accueil s’organise généralement de la fin de matinée au milieu d’après-midi, avec un repas pris en commun. Le programme alterne activités de stimulation cognitive, activités physiques douces, temps de convivialité et moments de repos. Certains centres proposent également des soins d’hygiène ou de la kinésithérapie.
La fréquence se définit avec l’équipe : d’une demi-journée à trois journées par semaine dans la plupart des cas. La régularité compte davantage que le volume — un rythme stable est mieux accepté par une personne désorientée qu’une présence irrégulière.
Le transport, question décisive
C’est le point qui détermine la faisabilité, et celui qu’on oublie de poser. Certains centres organisent un ramassage à domicile, inclus ou facturé en supplément ; d’autres laissent le transport à la charge des familles.
Pour une personne désorientée, un trajet long ou assuré par des intervenants changeants peut annuler le bénéfice de la journée. Interrogez systématiquement : qui transporte, sur quelle amplitude horaire, et à quel prix. L’APA peut contribuer au financement de ce transport.
Coût et aides
La tarification distingue, comme en établissement, une part hébergement — repas et prestations de la journée — et une part dépendance, à laquelle s’ajoute éventuellement le transport. Les soins relèvent de l’Assurance maladie.
Les aides mobilisables :
- L’APA à domicile peut financer les journées d’accueil et le transport, dans le cadre du plan d’aide.
- Le droit au répit, adossé à l’APA, ouvre un financement complémentaire lorsque l’aidant a besoin de souffler.
- Les caisses de retraite et les mutuelles proposent fréquemment des aides au répit, largement sous-utilisées : interrogez-les.
Comment trouver une place
Les centres de jour étant peu nombreux et de petite capacité, les places se réservent à l’avance. Le CLIC ou le dispositif de coordination de votre secteur connaît l’offre locale et constitue le point d’entrée le plus efficace — voir notre guide sur les CLIC.
Prévoyez un temps d’adaptation : les premières séances sont souvent refusées ou mal vécues. La plupart des équipes proposent une période d’essai progressive, et il est rare qu’un jugement définitif puisse être porté avant trois ou quatre venues.
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Questions fréquentes
Quelle différence avec l’accueil de jour en EHPAD ?
Le centre de jour est une structure autonome dédiée ; l’accueil de jour en EHPAD occupe quelques places au sein d’un établissement d’hébergement. Les activités sont proches, le cadre diffère.
Faut-il une prescription médicale ?
Pas nécessairement, mais un avis médical est demandé à l’admission pour vérifier l’adéquation entre les besoins et les capacités du centre.
Combien de jours par semaine ?
D’une demi-journée à trois journées le plus souvent. La régularité importe davantage que la fréquence.
Mon parent refuse d’y aller, que faire ?
Le refus initial est fréquent. Une période d’essai progressive, présentée comme un club ou une activité plutôt que comme une prise en charge, lève souvent la réticence. Les équipes y sont habituées : parlez-en avec elles.
Le transport est-il pris en charge ?
Cela dépend du centre. L’APA peut y contribuer. Posez la question dès le premier contact : elle conditionne la faisabilité.
Existe-t-il des centres pour les personnes handicapées ?
Oui, sous d’autres formes — accueil de jour médicalisé, centres d’accueil thérapeutique à temps partiel — qui relèvent des secteurs du handicap et de la santé mentale.