Un ESAT — établissement et service d’aide par le travail — permet à des personnes en situation de handicap d’exercer une activité professionnelle dans un cadre protégé, avec un accompagnement médico-social. Ce n’est ni une entreprise ordinaire, ni un lieu occupationnel : c’est un statut à part, avec ses droits propres.
Nous recensons 1 547 ESAT en France. Ce guide explique qui peut y travailler, comment s’y prend l’orientation, quelle rémunération est versée, et ce qui distingue un ESAT d’une entreprise adaptée.
Qu’est-ce qu’un ESAT
L’ESAT accueille des personnes dont la capacité de travail ne permet pas, durablement ou momentanément, d’exercer en milieu ordinaire. Il combine deux dimensions indissociables : une activité professionnelle réelle — espaces verts, restauration, blanchisserie, sous-traitance industrielle, conditionnement, numérique — et un accompagnement médico-social visant l’épanouissement et l’autonomie.
Les personnes accueillies n’ont pas le statut de salarié : elles sont usagers d’un établissement médico-social et signent un contrat de soutien et d’aide par le travail. Cette particularité a des conséquences concrètes, détaillées plus bas.
Qui peut y travailler
L’accès suppose une orientation prononcée par la CDAPH, au sein de la MDPH. Le critère retenu est une capacité de travail réduite, généralement inférieure au tiers de celle d’une personne valide, ou nécessitant un accompagnement médical, éducatif ou social soutenu.
L’âge minimum est de vingt ans, avec des dérogations possibles dès seize ans. La démarche suit celle de toute demande MDPH : formulaire unique, certificat médical récent, projet de vie. La notification d’orientation obtenue, la recherche de place revient à la personne et à ses proches — comme pour les établissements d’hébergement, une orientation ne vaut pas admission.
Rémunération et droits
Le travailleur en ESAT perçoit une rémunération garantie, composée d’une part versée par l’établissement et d’une aide au poste financée par l’État. Elle représente un pourcentage du SMIC, situé dans une fourchette encadrée par la réglementation, et se cumule le plus souvent avec l’allocation aux adultes handicapés — le montant de l’AAH étant alors ajusté selon les revenus d’activité.
Les droits ont été significativement renforcés ces dernières années, avec l’objectif de rapprocher le statut de celui du salariat : congés payés, droit à la formation professionnelle, prise en charge des frais de transport, complémentaire santé, droit d’expression collective. Les travailleurs peuvent également cumuler leur activité en ESAT avec un temps partiel en milieu ordinaire.
La contrepartie de ce statut protecteur : le travailleur ne peut pas être licencié, mais il ne relève pas du code du travail pour l’essentiel de ses relations avec l’établissement, et les recours diffèrent de ceux du droit du travail classique. La réglementation évoluant régulièrement sur ce point, vérifiez l’état du droit auprès de la MDPH ou d’une association spécialisée.
ESAT, entreprise adaptée, milieu ordinaire
| ESAT | Entreprise adaptée | Milieu ordinaire | |
|---|---|---|---|
| Statut | Usager d’un établissement médico-social | Salarié de droit commun | Salarié de droit commun |
| Accès | Orientation CDAPH | RQTH et orientation « marché du travail » | RQTH utile, non obligatoire |
| Accompagnement | Médico-social intégré | Adapté, sans dimension médico-sociale | Aides ponctuelles (Agefiph, Cap emploi) |
| Rémunération | Rémunération garantie, part de SMIC | Au moins le SMIC | Salaire de droit commun |
Ces trois voies ne sont pas étanches. Le passage de l’ESAT vers l’entreprise adaptée ou le milieu ordinaire est encouragé, avec un droit au retour en ESAT si l’expérience ne se concrétise pas — sécurité déterminante pour oser franchir le pas.
Comment trouver un ESAT
Une fois la notification d’orientation obtenue, adressez directement les candidatures aux établissements du territoire. Comme ailleurs dans le secteur du handicap, les places sont rares et les délais longs : déposez plusieurs dossiers, élargissez le périmètre, relancez.
Deux points à vérifier avant de candidater : les activités proposées, qui varient beaucoup d’un établissement à l’autre et doivent correspondre aux aptitudes et aux goûts de la personne ; et l’existence d’un foyer d’hébergement associé, si un logement accompagné est nécessaire — c’est précisément la vocation de ces foyers, présents au nombre de 829 en France et détaillés dans notre guide sur les établissements pour adultes handicapés.
Trouver un ESAT par département
Par département
- ESAT dans le Nord (59)
- ESAT en Isère (38)
- ESAT à Paris (75)
- ESAT dans les Bouches-du-Rhône (13)
- ESAT en Gironde (33)
- ESAT dans les Hauts-de-Seine (92)
- ESAT dans le Rhône (69)
- ESAT dans le Finistère (29)
- ESAT en Loire-Atlantique (44)
- ESAT dans le Pas-de-Calais (62)
Par ville
Questions fréquentes
Un travailleur en ESAT est-il salarié ?
Non. Il est usager d’un établissement médico-social et signe un contrat de soutien et d’aide par le travail, avec des droits qui se rapprochent progressivement du salariat sans s’y confondre.
Peut-on cumuler ESAT et AAH ?
Oui. L’AAH est ajustée en fonction des revenus d’activité, mais le cumul est prévu et fréquent.
Peut-on quitter un ESAT pour le milieu ordinaire ?
Oui, et le droit au retour en ESAT est garanti si l’expérience n’aboutit pas. Cette sécurité est prévue précisément pour encourager les tentatives.
Y a-t-il des congés ?
Oui, les travailleurs en ESAT bénéficient de congés payés, ainsi que d’un droit à la formation professionnelle.
Comment obtenir une orientation ESAT ?
En déposant une demande à la MDPH de votre département, avec le formulaire unique, un certificat médical récent et un projet de vie. La CDAPH statue ensuite.
Que faire en l’absence de place ?
Multipliez les candidatures et élargissez le territoire. Signalez la situation à la MDPH, qui recense les orientations non satisfaites ; une association du secteur peut appuyer la démarche.