Handicap

MDPH, CAF, Agefiph : qui fait quoi dans le handicap ?

MDPH, CDAPH, CAF, Agefiph, associations : face au handicap, les interlocuteurs sont nombreux et leurs rôles se recoupent en apparence. Résultat, beaucoup de démarches partent au mauvais endroit, ce qui coûte des semaines — parfois des mois — sur des dossiers déjà longs.

Ce guide remet chaque organisme à sa place : qui décide, qui verse, qui accompagne, et dans quel ordre s’adresser à eux. Nous recensons 2 984 organismes liés au handicap en France, tous rôles confondus.

La MDPH : le point d’entrée

La maison départementale des personnes handicapées est l’interlocuteur unique pour l’ouverture des droits. Il en existe une par département. Elle reçoit les demandes, évalue les besoins et instruit les dossiers, mais elle ne décide pas : elle prépare les décisions.

C’est à elle que l’on adresse une demande d’allocation aux adultes handicapés, de prestation de compensation du handicap, de carte mobilité inclusion, de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ou d’orientation vers un établissement.

Un seul formulaire couvre l’ensemble de ces demandes : inutile d’en déposer plusieurs. Joignez systématiquement un certificat médical récent — sa date de validité est limitée — et un projet de vie rédigé de votre main.

La CDAPH : celle qui décide

La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées siège au sein de la MDPH. Composée de représentants du département, de l’État, des organismes de protection sociale et d’associations, elle statue sur les demandes après évaluation par l’équipe pluridisciplinaire.

Ses décisions sont notifiées par courrier, avec leur durée de validité et les voies de recours. Ce sont ces notifications — et non les demandes — qui ouvrent effectivement les droits.

Qui verse quoi

  • La CAF ou la MSA versent l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), une fois le droit reconnu par la CDAPH. La demande passe par la MDPH, le versement par la caisse.
  • Le conseil départemental verse la prestation de compensation du handicap (PCH) et finance l’aide sociale à l’hébergement en établissement.
  • L’Assurance maladie prend en charge les soins et une partie du financement des établissements médicalisés.

La distinction est essentielle : la MDPH ouvre le droit, un autre organisme paie. Un retard de versement se règle avec la caisse ou le département, pas avec la MDPH.

L’emploi : Agefiph, Cap emploi, France Travail

L’Agefiph (secteur privé) et le FIPHFP (fonction publique) financent l’insertion et le maintien dans l’emploi : aménagement de poste, formation, aides techniques, accompagnement à la création d’activité.

Cap emploi accompagne individuellement les personnes reconnues travailleurs handicapés dans leur recherche d’emploi et travaille avec les employeurs sur le maintien en poste.

Ces dispositifs supposent une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), délivrée par la CDAPH. Elle n’oblige pas à informer son employeur, mais elle est nécessaire pour mobiliser la plupart des aides.

Les associations : l’accompagnement au long cours

Les associations gestionnaires — APF France handicap, Unapei, Apajh, ADAPEI départementales et beaucoup d’autres — remplissent deux rôles distincts qu’il faut savoir séparer.

D’une part, elles gèrent des établissements : une large part des foyers, ESAT et services d’accompagnement sont associatifs. D’autre part, elles accompagnent les familles : information, aide au montage de dossier, groupes de parole, défense des droits, y compris en cas de recours contre une décision.

C’est souvent l’interlocuteur le plus utile en pratique, parce qu’il connaît le tissu local et les délais réels de chaque structure — information qu’aucun site officiel ne publie.

Dans quel ordre s’adresser à eux

  1. La MDPH d’abord, pour ouvrir les droits. Rien ne se déclenche sans notification.
  2. Une association en parallèle, pour être accompagné dans la constitution du dossier — un dossier bien monté est instruit plus vite.
  3. La CAF, la MSA ou le département une fois la notification reçue, pour le versement effectif des prestations.
  4. Cap emploi ou l’Agefiph si le projet concerne l’emploi, une fois la RQTH obtenue.
  5. Les établissements enfin, muni de la notification d’orientation, pour la recherche de place — voir nos guides sur les établissements pour adultes handicapés et sur les ESAT.

Questions fréquentes

MDPH ou CDAPH : à qui s’adresser ?

À la MDPH. La CDAPH est la commission qui statue en son sein ; on ne la saisit pas directement.

Combien de temps prend une demande ?

Plusieurs mois selon les départements. Un dossier incomplet repart en attente : vérifiez chaque pièce, en particulier la validité du certificat médical.

Peut-on faire plusieurs demandes en même temps ?

Oui, et c’est recommandé : un formulaire unique permet de solliciter simultanément l’AAH, la PCH, la carte mobilité inclusion, la RQTH et une orientation.

Que faire en cas de refus ?

Un recours administratif préalable se forme auprès de la MDPH dans le délai indiqué sur la notification, puis un recours contentieux est possible. Les associations accompagnent efficacement ces démarches.

La RQTH oblige-t-elle à informer son employeur ?

Non. C’est une démarche personnelle. En informer l’employeur permet toutefois de mobiliser les aides à l’aménagement du poste.

Qui contacter en urgence ?

Le service social de l’hôpital en cas de sortie d’hospitalisation, le CCAS de la commune, ou une association gestionnaire du territoire : ce sont eux qui connaissent les solutions immédiatement mobilisables.