Santé et soins

Santé mentale : CMP, CMPP, CATTP, qui fait quoi ?

Trouver de l’aide en santé mentale se heurte d’abord à un problème de vocabulaire : CMP, CMPP, CATTP, hôpital de jour, centre hospitalier spécialisé. Ces sigles désignent des structures très différentes par leur public, leur mode d’accès et leur coût — et beaucoup de personnes renoncent faute de savoir à quelle porte frapper.

Ce guide remet chaque structure à sa place et indique par où commencer. Un repère essentiel dès le départ : les centres médico-psychologiques sont gratuits et accessibles sans avance de frais, et il en existe 2 012 en France.

Le CMP : la porte d’entrée du secteur public

Le centre médico-psychologique est l’unité de base de la psychiatrie publique. Il accueille les adultes, sur rendez-vous, pour des consultations avec psychiatres, psychologues et infirmiers.

Trois caractéristiques en font le point de départ naturel :

  • La gratuité. Les consultations sont prises en charge intégralement, sans avance de frais ni dépassement.
  • L’accès direct. Aucune prescription n’est nécessaire : on peut appeler soi-même pour demander un rendez-vous.
  • La continuité. Le CMP coordonne le parcours et oriente, si besoin, vers les autres structures du secteur.

Lorsque les troubles retentissent durablement sur la vie quotidienne ou professionnelle, une reconnaissance administrative peut être demandée : notre guide MDPH, CAF, Agefiph en explique les démarches. Sa limite est connue : les délais de premier rendez-vous s’étirent, parfois sur plusieurs mois. En cas d’urgence, précisez-le lors de l’appel — les équipes disposent de créneaux réservés — ou passez par les urgences hospitalières.

Le CMPP : pour les enfants et les adolescents

Le centre médico-psycho-pédagogique s’adresse aux enfants et adolescents jusqu’à vingt ans, pour des difficultés scolaires, comportementales, du langage ou du développement. Il réunit pédopsychiatres, psychologues, orthophonistes, psychomotriciens et assistantes sociales.

Comme le CMP, il est gratuit et accessible sans prescription — la demande peut émaner de la famille, de l’école ou du médecin. Nous en recensons 507 en France. Les délais y sont également longs : entamez la démarche dès les premières difficultés persistantes plutôt que d’attendre une aggravation.

Le CATTP : entre la consultation et l’hospitalisation

Le centre d’accueil thérapeutique à temps partiel propose des activités thérapeutiques de groupe à des personnes déjà suivies, généralement quelques demi-journées par semaine. L’objectif est de maintenir le lien social, de prévenir les rechutes et de soutenir l’autonomie.

Il ne s’agit pas d’un lieu de consultation : l’accès passe par le CMP ou l’équipe qui assure le suivi. Nous en recensons 649.

L’hospitalisation : à temps plein ou de jour

L’hôpital de jour accueille en journée, avec un programme de soins structuré, sans hébergement. C’est une alternative à l’hospitalisation complète, ou une étape de sortie progressive.

L’hospitalisation à temps plein intervient en cas de crise ou lorsque les soins ambulatoires ne suffisent plus. Elle se déroule dans un centre hospitalier spécialisé ou un service de psychiatrie d’hôpital général — 1 577 établissements spécialisés dans notre base.

Elle est le plus souvent libre : la personne consent, entre et sort avec l’accord de l’équipe. Des mesures de soins sans consentement existent, strictement encadrées par la loi, avec contrôle systématique du juge des libertés et de la détention et des droits garantis — information, recours, personne de confiance.

La sectorisation : pourquoi votre adresse détermine votre structure

La psychiatrie publique est organisée par secteurs géographiques : chaque commune, parfois chaque quartier, relève d’une équipe désignée. C’est ce qui explique qu’on vous oriente vers un CMP précis plutôt que vers celui de votre choix.

Cette organisation a une vertu — la continuité du suivi, une même équipe accompagnant la personne dans la durée et à travers les différentes structures — et un inconvénient : en cas de délai excessif ou de relation difficile avec l’équipe, changer de secteur suppose une démarche argumentée.

Par où commencer

  1. En cas d’urgence vitale ou de danger immédiat : le 15, ou les urgences de l’hôpital. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement 24 h/24.
  2. Pour un adulte, hors urgence : appelez le CMP de votre secteur. Le médecin traitant peut faciliter l’orientation et assurer le suivi dans l’intervalle.
  3. Pour un enfant ou un adolescent : le CMPP, ou le médecin scolaire si les difficultés se manifestent à l’école.
  4. Si les délais sont trop longs : un psychiatre ou un psychologue libéral peut prendre le relais, avec un reste à charge variable — certaines séances de psychologue sont prises en charge sur adressage médical.

Questions fréquentes

Le CMP est-il vraiment gratuit ?

Oui. Les consultations sont prises en charge par l’Assurance maladie, sans avance de frais ni dépassement d’honoraires.

Faut-il une ordonnance pour consulter en CMP ?

Non, l’accès est direct. Un courrier du médecin traitant peut toutefois éclairer l’équipe sur la situation.

Quelle différence entre CMP et CMPP ?

Le public : le CMP reçoit les adultes, le CMPP les enfants et adolescents jusqu’à vingt ans, avec une équipe incluant orthophonistes et psychomotriciens.

Peut-on choisir son CMP ?

L’organisation est sectorisée selon l’adresse. Un changement reste possible, mais suppose une demande motivée.

Que faire face à des délais de plusieurs mois ?

Signalez tout élément d’urgence lors de l’appel, sollicitez le médecin traitant pour un suivi intermédiaire, et envisagez le secteur libéral en attendant le rendez-vous.

Peut-on être hospitalisé contre son gré ?

Uniquement dans les cas prévus par la loi, sous contrôle systématique du juge des libertés et de la détention, avec des droits garantis : information, recours, désignation d’une personne de confiance.